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Intervieuw de l'Equipe de Espace Aviation Magazine au Commandant Massiala NIANGA Célestin sur la
FORMATION DES PILOTES EN R.D.CONGO


L’instructeur pilote, monsieur MASSIALA NIANGA s’exprime sur la problématique de la formation des pilotes en République Démocratique du Congo.

* Espace Aviation Magazine (EAM) : Commandant MASSIALA NIANGA, vous avez longtemps œuvré dans ce domaine. Pensez-vous que pour former les pilotes, le simulateur soit indispensable ?

L’instructeur MASSIALA : Le cycle de formation d’un pilote comprend les matières théoriques et les entraînements pratiques en vol. la formation théorique comprend l’aérodynamique, la météorologie, les règles de l’air,la navigation et la radio-navigation, le groupe motopropulseur et systèmes. Après cette formation théorique vient ensuite les entraînements pratiques en vol. soulignons d’emblé qu’avec le système de formation intégrée en vigueur à travers le monde d’aviation, les cours théoriques sont données simultanément avec les entraînements pratiques en vol. Et ceci facilite la compréhension et l’assimilation des matières. Les simulateurs de vol ont été d’abord utilisés dans la formation de qualification machine. Prenons un exemple d’un pilote ayant la qualification B737 qu’on désigne pour voler le DC-10 ou le MD-11. Ce pilote suivra une formation au sol sur le niveau type d’aviation qu’il va voler (DC-10 ou MD-11), pour la connaissance de la machine. Ensuite il sera introduit dans un simulateur de ce type d’aviation pour apprendre à voler cet avion au sol. Ceci se fait souvent par équipe. Rappelons qu’un simulateur moderne de vol est techniquement et aérodynamiquement construit pour répondre à toutes les manœuvres comme un avions réel en vol. ceci facilite la pédagogie de l’instructeur au simulateur qui peut parfois arrêter, donner les explications et redémarrer. Le coût et le temps sont réduits. Avec l’évolution de l’enseignement technique, les simulateurs de vol ont été introduits, même à la formation initiale des pilotes et surtout pour l’instruction de vol aux instruments. Il est plus facile pour un instructeur d’instruire l’entrée dans un circuit d’entente (teardrop, parallèle) dans un simulateur que dans un vol réel. Ces simulateurs sont agrées par les autorités compétentes de l’aviation civil et les heures de vol passées au simulateur sont reconnues.

* EAM : Il y a t il des structures des pilotes dans notre pays ?

Cdt : A ce que je sache, il n’y a pas des structures de formation des pilotes en R.D.Congo, selon mon entendement. En fait l’objectif à atteindre pour école de pilotage est de former les pilotes. Pour ce faire, une école de pilotage doit avoir une structure organisée lui permettant de dispenser les enseignements théoriques et pratiques. Et pour cela il faut disposer des bâtiments, des matériels didactiques. Et ces matériels comportent des livres, des simulateurs, si nécessaire et des avions. Jusqu'à présent quelques courageux et persévérants congolais sont en voie de la création des écoles dont les pratiques de vol se font à l’étranger. Nous leurs souhaitons bon courage ; ils y arriveront mais en attendant ils n’y sont pas encore.

* EAM : Comment entrevoyez-vous l’avenir de la formation des pilotes ?

Cdt : Avant de répondre ou de proposer certaines suggestions à ce problème complexe, faisons une rétrospective du passé congolais dans ce domaine spécifique de formation des pilotes. Grâce à l’initiative et action du défunt Monseigneur Lue GILON, alors recteur de l’Université de Lovanuim, actuellement Université de Kinshasa, l’Aéro-club de Kinshasa été crée, avec comme siège et terrain d’activité l’aérodromes de N’dolo. Cet Aéro-club a démarré deux petits monomoteurs. Mais avec le temps, cette association sans but lucratif a pu fonctionner grâce aux cotisations et actions individuelles de certains membres qui achetaient les petits avions et les mettaient à la disposition du club pour les entraînements des élèves. L’esprit visionnaire du Monseigneur Lue GILON avait une double but : premièrement donner l’opportunité aux membres de l’Aéro-club jeunes comme adultes à pratiquer les sports aériens. Mais aussi susciter aux jeunes membres le goût de l’aviation et aider les plus doués jusqu'à obtenir les licence des pilotes privé de l’aviation après unes réussite aux épreuves théorique et pratique devant les examinateurs agrées par l’aéronautique civil.
Monseigneur Lue GILON avait aussi comme souci de permettre les étudiants ingénieurs mécaniciens et électroniciens de l’Université de Lovanium, actuellement Université de Kinshasa à pratiquer de temps en temps, quelques exercices de vol avec les avions de l’Aéro-club. Rappelons ici que ces étudiants faisaient les travaux pratiques de mécanique, d’électricité et l’électronique dans les avions dont les épaves sont encore visibles actuellement au Campus de Kinshasa. Ainsi certains élèves pilotes très doués qui sont adhérés à cet Aéro-club sont parvenus à obtenir les licences de pilote privé d’avion. Poursuivant leur formation dans différentes écoles à l’étranger (USA-France-Suisse…), ils devenus des pilotes professionnels voir pilotes de ligne (ATP) et travaillent dans les compagnies congolaises et étrangères. Certaines compagnies nationales, comme Air Zaïre à l’époque pour ne pas citer que celle là, ont essayé de créer des écoles de pilotage, les résultats ont été négatifs. Une autre source sûre d’où provenaient les pilotes congolais était les forces aériennes congolaises. Malheureusement là aussi la formation de ces cadres a été arrêtée.

* EAM : Mais alors comment faut-il s’y prendre ?

CDT : Nous pouvons attirer les hommes d’affaire à créer les écoles pilotage. Retenons qu’une école de pilotage est une entreprise de travail aérien. L’investissement minimum initial varie entre 100 000 à 150 000 USD, d’après certaines données dans notre possession. L’investisseur, en tant que commerçant, s’entend à rentabiliser son entreprise-école et réaliser les bénéfices. Les clients potentiels d’une école de pilotage sont des élèves pilotes. Le coût de la formation d’un pilote professionnel varie entre 31 000 à 35 000 USD, c’est-à-dire 6 000 à 8000 USD pour la formation de base communément appelée pilote privé, en trois mois. Et 25 000 à 28 000 USD pour la formation professionnelle en une période de 12 à 15 mois. Considérant le niveau moyen de vie des congolais, rares sont les parents qui accepteront de dépenser 31 000 à 35 000 USD en deux ans pour un de leurs enfants. Les hommes d’affaire sont et seront sceptiques d’investir dans ce domaine. Peut-être avec le temps lorsque le pays reprendra sa prospérité. Il reste alors que l’Etat congolais prenne ses responsabilités dans ce domaine. Nous n’osons pas souhaiter ou suggérer la création d’une de pilotage civil par l’Etat. Avec les descriptions ci-dessus et les dépenses à faire,nous voyons mal qu’un Etat du tiers monde ayant d’autres priorités non négligeables (santé, route…) se livrer à ce genre d’entreprise. Mais néanmoins l’Etat peut s’engager à former des pilotes congolais sous une autre forme. En effet, par les écoles de pilotage de force aériennes congolaises, l’Etat congolais peut former les sous le drapeau. Les jeunes de 18 ans désirant devenir pilotes s’enrouleraient dans les forces aériennes. Ils y suivraient leurs formations de pilotage, obtiendraient les brevets de pilote militaire et accumuleraient une expérience de 300 à 500 heures de vol, voir plus. Les uns resteront dans l’armée et d’autres y sortiront. Ces derniers complèteront les conditions exigées par l’aéronautique civile et verront leurs brevets militaire convertis en licences civiles de pilote. Ces cadres seront versés sur le marché d’emploi congolais dans le domaine du transport aérien. Voilà une opinion parmi tant d’autres que l’Etat congolais pourra envisager dans le domaine spécifique de la formation des pilotes.

EAM team




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Aéro-infos de la RDC - Interview accordé à MASSIALA, Instructeur-Pilote (Technologie - Transports)    -    Auteur : Athanase - Congo (Rép. Dem)


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dernière mise à jour : 2009-10-31

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