Sciences - Autres
Une fonction universelle compatible avec la science rend compte de l'évolution de l'univers.

La fonction universelle

Sylvain Battisti

Les scientifiques pensent pour la plupart que la science est incompatible avec l’idée de projet de l’univers. Ils se trompent. Le but de la science est de comprendre le mécanisme des phénomènes que nous percevons, et la méthode scientifique implique la cohérence de ces mécanismes. Rien n’empêche à ce qu’il existe un objectif à l’évolution de l’univers, et que nous puissions le considérer scientifiquement, pourvu que nous le fassions de manière cohérente en considérant les phénomènes que nous percevons. Mais nous ne pouvons pas le prouver, tant que l'objectif n'est pas atteint. Nous ne pouvons découvrir que des indices. Quand ces indices sont universels, nombreux et cohérents, alors ce qui paraît une philosophie est en fait une théorie scientifique. En effet aucune théorie scientifique n'est prouvée, puisque son domaine de validité est toujours limité.

1. La philosophie de la cohérence


Actuellement nous connaissons deux classes de philosophie:

La philosophie idéaliste implique que l'idée représentative du corps précède la matière, la matière est construite selon l'idée, l'esprit. C'est la philosophie du type platonicienne. Elle sous-tend l'idée de Dieu et peut rendre compte de la force ou du désir, mais elle ne peut pas rendre compte de l'évolution de la matière de manière non linéaire. Les particules élémentaires conduiraient nécessairement à l'homme, mais pourquoi l’évolution est-elle passée par l'extinction des dinosaures! Qui nous fait croire que l'homme ne va pas évoluer?
La philosophie matérialiste, implique qu'il n'existe pas d'a priori. Tout vient logiquement de la constitution de la matière. La force ou le désir viendrait nécessairement de la matière. Ainsi connaissant les particules élémentaires l'homme serait compréhensible entièrement par le déterminisme et le réductionnisme à la force et à l'énergie. Mais elle ne dit pas d'où vient la force ou le désir, ni même l'énergie.
Nous pouvons considérer une troisième classe de philosophie, la philosophie de la cohérence. Elle implique qu'il existe dans l'univers un troisième type de fonction: ni idée, ni matière, à la fois énergie et désir, fondamentale et universelle, capable de se condenser et de se propager. Son mode de condensation et de propagation se fait par ce que nous appelons la cohérence. C'est la cohérence de leur relation qui lie les composants pour en faire un être stable, c'est la cohérence des relations entre les êtres qui construit un être composé stable. Cette cohérence manifeste les caractères universels que nous pouvons attribués à la fonction universelle:
La condensation résulte de l'intégration cohérente de composants, et la propagation résulte de l'émergence de relations cohérentes avec des partenaires extérieurs. L’émergence manifeste la fonction universelle sous la forme de désirs comme celui de survivre ou de vivre, ou de savoir, ou de forces comme les champs…Il existe donc un lien entre émergence et intégration : L’émergence de relations construit l’intégration quand les relations sont cohérentes, auquel cas les partenaires construisent un être qui perdure, caractéristique et originalité de notre monde. Ainsi l’émergence est plus fondamentale que l’intégration, elle se manifeste partout dans l’univers et en tout temps : elle est la propriété fondamentale d’une fonction universelle. Cette théorie permet de rendre compte de l’existence de tous les êtres de l’univers: matériel, vivant, humain, social, symbolique. Je ne connais pas d’autre théorie qui le fait de manière cohérente. Il n'existe aucune théorie scientifique qui rend compte des désirs.
Mais que signifie relation cohérente?
Quand les effets des relations ne s’opposent pas à la relation, celle-ci est non contradictoire, cohérente, et peut durer. La relation cohérente, où toutes les propriétés des partenaires sont exprimées sans se détruire, conduit à des corps et à des relations stables. Elle se construit donc par les partenaires eux-mêmes, par régulation, c'est à dire en se considérant les uns les autres comme ils sont et font, sans imposer une transformation préjugée, mais en s’évaluant pour construire un espace de relation cohérente, l’espace de liberté. Cela caractérise la considération des partenaires les uns pour les autres. Cela implique le projet de chaque partenaire: conserver ses espaces de liberté intérieurs. (1)
Puisque la relation cohérente construit un niveau de relation extérieur à l'être stable, ce dernier dispose d'un espace de liberté extérieur en plus de son espace de liberté intérieur. Les espaces de liberté s'accroissent dans l'univers par la relation cohérente.
La relation incohérente conduit à la transformation ou à la destruction de la relation, ce qui conduit à une réduction des espaces de liberté.
Par la qualité de cohérence de la relation, l'univers peut évoluer vers plus d'espaces de liberté, c'est à dire le plus grand nombre d'états distincts accessibles par tous les êtres de l'univers. L'univers possède donc un projet, et les êtres y produisent des tentatives pour le construire. La relation incohérente prend donc le sens de devoir être transformée en relation cohérente. Dans le monde réel, les relations sont d’autant plus cohérentes que le nombre d’états accessibles des partenaires dans l’espace de relation est grand.

2. La fonction universelle FUN

Quelles sont donc les caractéristiques de cette fonction universelle?
- Elle occupe tout l'espace sous des formes différentes: ce sont les êtres. Chaque être est une forme différente de la fonction, qui n'est sensible qu'aux autres formes, par la relation qu’il peut construire avec elles grâce à ses propriétés.
- En se condensant et en se propageant par la relation cohérente, en imposant la cohérence à l'être sous peine de destruction, elle fait évoluer l'univers vers de plus vastes espaces de liberté.
- Elle ressemble à une sorte de catalyseur éternel qui se transformerait lui-même. Chaque être se manifeste par son intention d'accroître son propre espace de liberté, mais cela peut le conduire à des relations incohérentes, et la fonction exige le maximum d'espace pour tous les êtres. Elle n'hésite pas à sacrifier l'être pour construire le maximum d'espace. Cela explique la souffrance de l'homme, la mort des êtres vivants, notre volonté de mieux contrôler notre milieu, objectif inconscient de tout scientifique, qui ne peut réussir que s'il adopte l'attitude cohérente.
- Elle impose donc un projet à l'univers. Il n'existe pas d'être idéal ou supérieur préconçu, mais une tentative où chaque être et chaque relation construisent le puzzle d'espaces de liberté le plus vaste. L'ensemble des êtres en relations parfaitement cohérentes serait alors infiniment stable et satisferait notre fantasme d'éternité.
- Elle s'exprime en émergeant des êtres sous forme de désir de relation. Les forces qui émergent des particules élémentaires ou des atomes ou des molécules sont des expressions directes de la fonction universelle.
- Chez l'homme, la fonction s'exprime principalement par le désir de liberté. C'est lui qui pousse l'homme à protéger ses espaces de liberté intérieurs et à accroître autant que faire se peut ses espaces de liberté extérieurs. Pour ne pas nous opposer à la fonction qui nous oriente nous devons apprendre l'attitude cohérente ou accepter de disparaître.

3. Conséquences

L'éducation à la cohérence de l'homme est indispensable à la survie de l'humanité. Cela se manifeste aujourd'hui par toutes les erreurs commises en écologie, en relations sociales, en relations économiques. L'individualisme économique ou social, qui prône le profit à court terme sans se soucier de son milieu, conduisent inexorablement l'humanité vers son extinction. Les relations cohérentes, par internet, par la science, par la mondialisation, la conduisent vers plus d'espaces de liberté.

Le projet de société cohérente consiste à construire une humanité cohérente. La mondialisation doit se faire sur la base de relations cohérentes et non pas pour le profit de quelques individus ou entreprises. La justice doit affirmer son objectif de contrôler la cohérence des relations et non pas d'appliquer des lois souvent trop incohérentes. L'éducation ne consiste pas à faire des hommes semblables au plan de l'instruction mais le plus cohérents possible.

L'humanité a un rôle à jouer. Celui de maître d'oeuvre du projet universel qui consiste à ne pas se contenter de répondre aux sollicitations de son milieu mais à le construire en créant le maximum d'espaces de liberté. Elle a commencé à le faire, animée par son désir, expression de la fonction universelle, en produisant des êtres matériels adaptés à l'accroissement de ses espaces comme le sont l'ordinateur ou l'avion. Elle devra généraliser cela en ayant toujours en point de mire l'accroissement des espaces de liberté de tous les êtres de son milieu.
(1) Consulter: Dans le labyrinthe de la cohérence: Sylvain Battisti, éditions Thot.



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Une fonction universelle compatible avec la science rend compte de l'évolution de l'univers. (Sciences - Autres)    -    Auteur : sylvain - France


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