Sport - Sports de combat
BIENTOT LE KARATE TRADITIONNEL EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

BIENVENUE DANS LE SITE DU KARATE TRADITIONNEL DE LA RDC


Pascal HERADY MAMBWE
[image introuvable]

Ecole mixte de KARATE de LEMBA


A gauche Maître Pascal HERADY; à droite Maître chritian


Club central de la fondation Dieu merci
QUI DONC EST Pascal HERADY ?

Né le 20 novembre 1979, A 7 ans j’ai commencé le Karaté à Kabalo dans la province du Katanga sous le guide du maitre Willy KABULO. Notre petit club évolué en plein air et sous les manguiers, à 10 ans, juste après la mutation de mon père vers Kalemie ( au Katanga toujours)j’ai continuer avec la voie du budo quelque soit mes irrégularités aux séances d’entrainements. Sous le guide du maitre Renard, j'ai réussi à passer ma ceinture jaune dans le style shotokan moderne. Sans l’ombre de doute je sais que vous allez vous demandez pourquoi j’ai choisi cette voie souple qu'est le Karaté shotokan traditionnelle. A 11 ans j’ai obtenu le titre de ceinture orange à Lubumbashi dans la province du Katanga sous le contrôle du Maître Chan, instructeur du claub Atlas. En 1994, je me suis fais ami à une ceinture noire 8ème dan d'origine Uruguayenne, champion du monde de karaté dans le style Kyokushinkai, qui m'initia en ce style pendant 3 ans.
Plusieurs fois champion Provinciale, j’ai continué avec la voie des voies.
Je me nomme Pascal HERADY MAMBWE mais je préfère qu’on m’appel SIMBA car je suis descendant de la famille SIMBA. En 1998 sous le guide du maitre Claude, j'ai gouté au karaté shotokan traditionnel, une année plus tard le maitre était rentré chez-eux car il fut Japonais. Restant avec un grand souci d'apprendre le vrai karaté Okinaweenne, la base même et l'original de karaté fondé par le grand professeur de karaté FUNAKOSHI Gichin, je me suis trouvé dans l'inquiétude. Arriver à Kinshasa en 1999, j'ai continuer avec le shotokan moderne jusqu'a atteindre le niveau de la ceinture noire. Comme il est presque identique au karaté shotokan traditionnel, le karaté kyokushinkai m'a encore plus attirer. Je me suis fais membre dans le club TSHOKAO OYAMA dirigé par maîtres LOMENDJE RENDY MAJOR et TSHINTU ROBOT MUTOMBO, club évoluant dans la commune de Lemba à Kinshasa ( R.D.C). En 2004, sous le guide du shian HENNIE BOSMAN, Champion du monde et représentant de kyokushin en Afrique central, nous avions renforcé au bon fonctionnement du clab nationale de kyokushin en RDC. Sous l'autorité dudit maitre ( Shian BOSMAN), nous avions étaient au rendez-vous à un grand seminaire organisé par KANSHO OYAMA, Charman du karaté kyokushinkai dans le monde en Afrique du sud et au premier tournoi du karaté kyokushin organisé à LUSAKA ( ZAMBI), une compétition qui avait réunie plus de 15 nations de par le monde. En 2006 sous le guide du maitre Etienne HERADY NGOY ( SIMBA), quintuple champion Canadien; champion au master camp de l'Europe et fondateur de l'Académie d'Arts martiaux SIMBA évoluant au Canada(www.academysimba.com) Ainsi j'ai encore repris ma formation en karaté shotokan traditionnel. Je dirais que je bois l'eau à sa source car j'ai était enseigné par les maîtres qui sont eux aussi enseignent par les élève direct du fondateur du karaté shotokan traditionnel tels que NISHIYAMA, KANAZAWA pour ne citez que ceux là. Le dit-on " CELUI QUI APPREND TOUT SEUL ENSEIGNE A UN IMBECILE" et l'amour de partager ce peu avec mes frères karatékas et faire connaître l'existence du karaté shotokan traditionnel dans un Pays africain comme la République Démocratique du Congo me pousse à se détacher du shotokan moderne vers le traditionnel. Ceci est le but de la création de ce site internet pour permettre aux karatékas de notre pays qui adorent la tradition et qui ont le souci d'aider nos sœurs, mères, les enfants délaissés et victimes des conflits de retrouver leurs esprit, d'échapper aux troubles traumatiques qu'apportent les viols et autres choses inhumaines comme la perte brisque des parents provoquée par la guerre qui a déchirée notre Pays les années écoulées de se joindre à nous pour former alors un bloc comme partout dans le monde et ce bloc constituant l'ensemble des karatékas de la république démocratique du Congo sera dénommée L'ASSOCIATION CONGOLAISE DE KARATE SHOTOKAN TRADITIONNELDE, ACKST en sigle.

BON PARCOURS DANS MON SITE



Avant de vous signifier le sens et l'origine du karaté traditionnel je voulai vous faire savoir du biographie du Chairman de Karaté traditionnel et Président de la Féderation internationale du karaté traditionnel (ITFK), International Traditionnel Karate Federation.

Né à Tokyo en 1928

Hidetaka NISHIYAMA est un grand Maître du karaté traditionnel, instructeur international, pionnier de grande influence pour la promotion et le développement du karaté traditionnel et Président de la Fédération Internationale de Karaté Traditionnel (ITKF : International Traditional Karate Federation).

H. Nishiyama a débuté le karaté en 1944 sous la direction de Gichin FUNAKOCHI a

u Shotokan.

Un an plus tard, alors entré à l’Université de TAKUSHOKU, il devient membre de l’équipe universitaire de karaté à la tête de laquelle il sera nommé capitaine en 1949.

Il fut le co-fondateur de la Fédération de Karaté des Universités du Japon et en fut élu son premier président.

En 1951, il est sélectionné en tant que membre du corps d’instruction des arts martiaux et de combat pour le programme d’entraînement au combat du SAC (Strategic Air Command = Commandement aérien stratégique

e). Le personnel du SAC reçut un entraînement en judo, aïkido et karaté au Kodokan. Les autres instructeurs de karaté impliqués dans ce programme dirigé par Gishin Funakoshi, étaient Masotachi NAKAYAMA et Isao OBATA.

En 1953, le SAC invite H. Nishiyama en tant que l’un des dix membres de la mission Budo au Japon. L’équipe visite les bases du SAC aux USA pendant trois mois et y instruit le karaté, le judo et l’aïkido.

en 1960, il publie « Karaté : The Art of Empty-Hand Fighting », co-écrit par H. Nishiyama et est aujourd’hui encore considéré comme le livre de référence incontournable sur le sujet. Cet ouvrage en est à sa soixante-dixième édition et est le livre de karaté le plus vendu de l’histoire.

En juillet 1961, les étudiants en karaté du SAC et les membres de la JKA résidant aux USA ont invité H. Nishiyama à visiter les USA.
La même année il a organisé la Fédération du karaté américain (AAKF = All American Karate Federation) en tant qu’association nationale de karaté amateur.
En novembre de cette même année, H. Nishiyama a crée sous le contrôle de l’AAKF le premier championnat de karaté à Los Angeles où il établit aussi son dojo.

Depuis lors H. Nishiyama a été une force majeure pour la propagation du karaté du style shotokan aux USA et ailleurs.

En 1965, H. Nishiyama a organisé un comité de coopération avec les styles majeurs du karaté japonais qui a conduit au premier tournoi USA /Japon. Du fait de la participation de l’équipe de karaté représentant les Universités du Japon, ce fut la première compétition internationale de karaté.
En 1968, H. Nishiyama a organisé le premier tournoi mondial de karaté au Arena Sport de Los Angeles en conjonction avec le tournoi olympique commémoratif organisé à Mexico par la Fédération de Karaté de Mexico.
Une conférence eut lieu à cette occasion et donna naissance à un accord pour créer une organisation de karaté internationale et pour réaliser le premier championnat du monde à Tokyo.

En 1970, au cours de la réorganisation de l’AAKF en tant que corps dirigeant du karaté traditionnel, le groupe JKA devint le JKA-US et entra dans l’AAKF. H. Nishiyama continua d’être le président de la JKA-US et celui de l’AAKF.

En avril 1970, l’AAKF devint membre du comité olympique américain.

En 1973, H. Nishiyama co-fonda l’union PAN américaine de karaté (PAKU = Pan American Karate Union. Le premier championnat PAKU eut lieu à Rio de Janeiro au Brésil.

Sur les bases d’un accord réalisé en 1968 à la conférence de Mexico, des tournois eurent lieu à Tokyo et Paris. Des défauts apparus au cours de ces championnats du monde rendirent compte du manque d’organisation internationale formelle. Une réunion internationale fut donc organisée plus tard à New York qui permit la formation de la Fédération de Karaté Amateur Internationale (IAKF = International Amator Karate Federation) pour laquelle H. Nishiyama fut élu directeur exécutif. Le premier championnat du monde IAKF eut lieu à Los Angeles en 1975.

En 1976, H. Nishiyama participa à l’élaboration du comité pour le championnat méditerranéen de karaté et de la fédération de karaté de Bolivie.
Cette même année, en tant que membre de l’IAKF, il soumit une demande au comité olympique international afin d’obtenir la reconnaissance du karaté en tant que discipline olympique.

En 1977, H. Nishiyama apporta son soutien à la formation de la confédération de karaté d’Amérique Centrale/Caraïbes et de la fédération de karaté amateur d’Asie/Océanie.

En 1979, en accord avec la loi publique américaine régissant les corps dirigeants des sports amateurs nationaux, la fédération de karaté amateur américaine succéda à l’AAKF en tant qu’organisation d’utilité publique et à but non lucratif ; H. Nishiyama en fut élu président.

En 1981, il soutint aussi la formation des confédérations Sud Américaine et Nord Américaine.

En 1985, l’IAKF changea de nom pour devenir la Fédération Internationale de Karaté Traditionnel (ITKF = International Traditional Karate Federation) car le mot « karaté » était devenu un terme générique appliqué à une variété de sports de combat fondamentalement différents du karaté original, véritable art martial. Sous la direction de H. Nishiyama, l’ITKF voulait montrer qu’elle était la seule instance du karaté traditionnel.

En 1987 le comité olympique international confirma officiellement que l’ITKF était le corps dirigeant du karaté traditionnel qui consiste, aujourd’hui, en 72 fédérations nationales.
Tous les deux ans, un championnat du monde et un championnat continental de karaté traditionnel sont organisés sous sa direction. L’objectif majeur de H. Nishiyama est de créer un solide groupe d’instructeurs afin qu’ils puissent transmettre un karaté de la plus grande qualité aux générations qui se succéderont.
Dans ce sens, il a créé le stage annuel international d’été à San Diego où les élèves, les instructeurs, les juges et les officiels viennent du monde entier pour développer leurs compétences en karaté traditionnel sous la direction d’instructeurs de niveau mondial.

De plus, durant trois mois de l’année, H. Nishiyama participe à des séminaires dans le monde et en particulier en Amérique du Sud, en Europe et dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est qui développent le karaté de façon croissante.

La réputation de H. Nishiyama s’est étendue non seulement du fait de ses compétences techniques supérieures et de son enseignement exemplaire, mais aussi parce qu’il continue de développer de nouvelles idées et des méthodes d’enseignement.

H. Nishiyama continue d’enseigner tous les jours au Central Dojo à Los Angeles et dirige de nombreux séminaires et cours dans tous les USA et ailleurs.

Il produit de nouveaux textes et manuels ainsi que des cassettes vidéo concernant le karaté traditionnel.

Récemment, afin d’honorer ses contributions, le Sénat américain a fait flotter le drapeau des Etats-Unis en son nom à Washington à l’occasion de son anniversaire.

Grâce au travail de H. Nishiyama, non seulement le gouvernement américain, mais aussi les autres nations, reconnaissent maintenant les bénéfices du karaté et respectent le karaté traditionnel, encourageant son développement dans leurs nations respectives.

Pour la première fois dans l’histoire du karaté, un Maître reçoit une décoration par l’Empereur du Japon. Le 3 novembre 2000 Senseï Hidetaka Nishiyama, Chairman de l’ITKF, a reçu la plus haute distinction du Japon « le Rayon d’Or avec rosette » qui lui a été remis par l’Empereur du Japon pour tous les services rendus et la promotion du karaté traditionnel dans le monde. Avec cette distinction pour Senseï Nishiyama, le karaté rentre dans les arts du budo japonais.

Le 14 octobre 2001, lors de la coupe du monde à Varsovie, Senseï Nishiyama a reçu la médaille du mérite pour tous les services rendus au karaté traditionnel qui lui a été remise par le Président de la République Polonaise, Monsieur Alexander KWASNIEWSKI.

Senseï NISHIYAMA continue à parcourir le monde pour promouvoir le karaté traditionnel et ses bases fondamentales comme un art du budo sans parler des styles ou écoles.

LE KARATE TRADITIONNEL, QU’EST-CE ?

Issu des anciennes méthodes de méditation Indou, le Karaté traditionnel fut inventé par maitre FUNAKOSHI Gichin et les modifications du point de vue forme, postures et autres fut établies par son fils YOSHITAKA. Le karaté traditionnel est un art de défense qui évolue au Japon en tant qu'un de Budo (arts martiaux). Il est basé sur l'utilisation d'un coup décisif et contrôlé afin de mettre hors état de nuire tout agresseur éventuel pendant le combat. Ce style comme tout autre continue à utiliser le shais pour développer des techniques de combat apprises depuis des centaines d'années. Le karaté traditionnel se concentre à développer le caractère humain à un niveau avancé, mettre hors état de nuire tout agresseur éventuel et gagner dans des compétitions sans violence. Le karaté traditionnel est un art de la défense qui emploie seulement le corps humain lui-même dans la manière la plus efficace. Il enseigne comment bloquer, poinçonner, frapper et donner un coup de pied en combinant des techniques avec d'autres mouvements relatifs (constitution d'ITKF) INTERNATIONAL TRADITIONNEL KARATE FEDERATION. Par le karaté traditionnel l'être humain est doté des moyens par lesquels le tain mental et physique, les capacités sont endurcies pour continuer la recherche de l'amélioration technique, d'une expansion globale des capacités humaines.
Techniquement, le karaté traditionnel est composé de « Todome-waza». = techniques de finition, moyen par lequel on donne un coup décisif et contrôlé pour détruire la puissance offensive d'adversaires.
Il faut bien noter que la différence qui existe entre le karaté shotokan moderne et traditionnel réside dans le fond de chacune de ces deux disciplines. Quant au karaté shotokan traditionnel qui nous intéresse pour le moment, sa base ou son fondement réside dans le terme « TODOME-WAZA » ou « FINITION DE COUPS ET BLOCAGES », mais dans la compétition c’est la règle de non contact qui est admise.
LE KUMITE EN KARATE TRADITIONNEL
Le Kumite Individuel est le combat entre deux adversaires qui implique l’application des techniques apprises pendant la formation ainsi donnés leur la signification concrète. La concurrence doit être exécutée avec une attitude mentale sereine, une fidélité et un franc jeu (fair-play). Chacun des combattants doit respecter des qualifications techniques, la dignité personnelle, le bien-être et l’intégrité physique de l'adversaire. Cet objectif est atteint en exerçant un maximum mental, la concentration et le maximum effort et utilisation de force d’une manière contrôlée. Le tout exprime le respect vers les adversaires, une démonstration qui n'est pas à sous-estimé. Un jeu en tant qu’aucune technique ne devrait être appliqué avec l'intention de causer le tord à l’adversaire. La puissance, l’intention et la force aussi bien que l'effort impliqué est juste une manière d'atteindre des niveaux plus élevés et en même temps d'aider autrui pour obtenir le même objectif.
COMBAT
En karaté traditionnel le combat est divisé en trois forets classiques : Fondamental, semi-libre et libre Le Kumite peut être exécuté par deux adversaires ou plus qui appliquent des méthodes ou techniques variés.
LE PARCOURS DU MAITRE HANCHINDI DU KARATE TRADITIONNEL

je voudrai vous apporter quelques informations sur ce nouvel article sous forme d’interview.
J’ai fait la connaissance d’Hanchindi (pseudo en tant que membre du site) en parcourant ses nombreux témoignages écrits sur le site de mon ami Skydiver : www.karatejapon.net
Ce qui m’a interpellé c’est sa modestie en tant que pratiquant de longue date et aussi sa vision sur le plan humain et culturel. (Récit recueilli dans le site ci-haut)

En effet relater ses multiples voyages de pratique en karaté au Japon n’a pour but que de nous faire partager en toute simplicité sa perception et sa sensibilité sur un karaté empli de culture et de tradition.
Un karaté pratiqué à la source sans protocole ni démesure. Un karaté pratiqué humainement et quotidiennement par la masse sans élitisme. Un karaté fraternel ou sueur et sang se mêlent aux rires et aux sorties après l’entraînement.
Je vous souhaite de prendre autant de plaisir que moi à lire cet interview en toute simplicité.

Note de l’auteur : Je précise que tout ce qui suit n'est que le résultat de mon expérience personnelle à Okinawa, pas au Japon métropolitain (Yamatû).


1) Pourquoi avoir choisi le karaté traditionnel d'Okinawa ?

Après trois ans de karaté shôtôkan, mon professeur connaissant mon attirance pour le Japon et qui savait que j'en étudiais la langue, me conseilla d'aller voir une fête okinawaïenne à Paris.
A cette fête, j'ai eu la joie d’assister à des démonstrations de gôjû-ryû, uechi-ryû, shôrin-ryû.
J'ai tout de suite été séduit par le karaté d'Okinawa.
Venant du shôtôkan, je fus séduit par cette façon particulière de générer la puissance, d'utiliser pleinement l’ensemble du corps. Ces deux aspects me parurent plus en adéquation avec ce que je recherchais à exprimer dans ma pratique.
Mobilité, fluidité et enchaînement naturel entre les techniques me séduirent d’autant plus que je ne retrouvais pas cela dans le karaté de la métropole japonaise.

Je voudrais revenir sur le terme de "traditionnel" pour le karaté d'Okinawa. La tradition du karaté d'Okinawa n'est pas forcément la même que celle du karaté au Japon.
Pour séparer les deux pratiques, à Okinawa, il existe deux façons de dire ou plutôt, de penser:

"Uchinân'karate" pour le karaté d'Okinawa
"Yamatûn'karate" pour le karaté du Japon.

Plus que de simples mots "régionalistes", ils englobent une réalité culturelle et pratique. Plus encore, pour certains vieux d'Okinawa, dont faisait partie Matayoshi Shinpô sensei. S'ils disaient "karaté" ils pensaient "tûdi"(les caractères chinois de "tûdi" (tôde) pouvant se prononcer "karaté").
Ainsi, des styles de karaté japonais anciens comme Shôtokan, Wadô-ryû, Shitô-ryû… peuvent revêtir ce terme de yamatun'karate et paradoxalement des styles relativement récent de karaté japonais, Kyokushinkai, Shidô-kan… bien que recevant le terme de Yamatun'karate sont plus proches des pratiques okinawaïennes, mais pourtant, et c'est normal, fortement teintés de culture purement japonaise.


2) En suivant votre parcours il apparaît une besoin évident chez vous d'aller à la source (Okinawa), que représente pour vous le fait de pratiquer au Japon ?

En fait, je pratiquais déjà le gôjû-ryû avec Oshiro Zenei depuis plusieurs années avant mon premier séjour à Okinawa, et travailler sous la direction d'un Okinawaïen en France n'apporte rien de plus que de travailler avec la même personne à Okinawa.
Une fois que l'on est dans la salle, que celle-ci soit ici ou ailleurs cela ne change en rien l’entrainement.
Ce qui change, ce sont les relations avec les êtres humains, les codes culturels et pour moi, le karaté (comme pour toute autre activité), c'est aussi cela.
Avant de partir pour la première fois au Japon, j'étudiais déjà le japonais à la fac., grâce à Oshiro sensei, j'ai pu aller à Okinawa et là, j'ai découvert une façon différente de pratiquer, pas dans la forme, mais dans le fond, dans le sens où la pratique correspond à la culture, ce qui peut paraître normal. Il n'y a pas de coupure. Attention, je ne dis pas que tous les Okinawaïens font du karaté dans la rue, loin de là, mais, prenons un exemple simple : les mots employés dans le karaté sont des mots japonais avec des sonorités japonaises. En sortant du dôjô, vous parlez avec quelqu'un, vous entendez les mêmes sonorités.
De plus, les okinawaïens sont très accueillants, le moindre chauffeur de taxi n'hésite pas à discuter pendant la course. Quand vous lui dites que vous êtes venu pour le karaté, pour lui, c'est que vous vous intéressé à sa culture, et la conversation prend un tour très amical, voire familial.

Il m'est d'ailleurs arrivé plusieurs fois lorsque le chauffeur de taxi me demandant de quel pays je venais et pourquoi je venais à Okinawa de voir sa surprise quand je lui répondais:

- pour le karaté"(venant de France, donc pas GI, il était surpris que je vienne à Okinawa).
A cet instant grand sourire dans le rétroviseur,

- Oui, j'en ai fait un peu aussi

- Quel style ?
j'ai toutes les réponses

- Combien de temps ?

- Une petite vingtaine d'années

- Et vous avez quel niveau ?

- Je suis 4ème dan, kyôshi

Et la discussion commencée dans un style assez conventionnel finissait dans un style assez familier. A la descente, toujours cette phrase en uchinâ-guchi (langue d'Okinawa) : ichiriba-chôde (litt. maintenant que nous nous connaissons, soyons amis) .


3) La rencontre avec des sensei illustres vous a t'elle changer votre façon de pratiquer ?

Il est certain que rencontrer de tels personnages est une grande source de motivation et d'inspiration. Avant ces rencontres, mon objectif était d'être toujours plus "fort", toujours plus d'entraînements. Sans changer cette façon de considérer mes entraînements, tous ces sensei, Kyûna, Matayoshi, Higa et tous les senpai m'ont montré que ce n'est pas la chose la plus importante.
L'entraînement peut et doit être enrichi d'expériences venant d'autres horizons. Les relations avec les êtres humains sont toutes aussi riches, que ce soit des partenaires d'entraînement ou l'épicier du coin.
Une chose marquante, pour moi, fut que tous ces sensei illustres, pour le moins, ne m'ont jamais fait ressentir qu'ils étaient et se sentaient illustres. La première fois où je les ai rencontré, je parlais bien comme j'avais appris à la fac. (en japonais, il y a plusieurs niveau de langage, pour faire très simple, un qui correspondrait aux "je, tu, il"-neutre- et un autre aux "nous, vous, ils"-poli-. Je parlais donc en poli au début, puis je remarquais que tous les élèves de ces sensei leur parlaient en neutre, j'en faisais donc autant, sans que cela ne les gènent.
C'est cela qui m'a fait prendre conscience de la relation très étroite liant les sensei et les deshi (disciples).
Avec Matayoshi Shinpô sensei, cette relation fût beaucoup perceptible, avec lui, j'avais vraiment l'impression de vivre une relation "à la chinoise" avec un "shifu" (maître/père).
Finalement, les différences entre les sensei d'Okinawa, illustres ou non, et les prof. de France, ne sont pas si grandes qu'on peut le penser.
De toutes façons, le nom "sensei" ne veut dire que prof. et s'applique à tous les domaines, de l'instituteur au professeur de médecine.


4) Que retenez vous de vos nombreux voyages au Japon ?

La découverte d'une nouvelle culture et des rencontres avec des gens passionnants et passionnés, qui ont su me transmettre cette flamme et ce flambeau, pour qu'à mon tour, je le transfère. J'espère que je l’ attribuerai avec le même esprit.

Pour ce qui est de mon expérience purement japonaise, elle se limite à du tourisme. Ma pratique avec un sensei japonais eut lieu en France:
Avec Kai Kuniyuki, haut gradé en karaté gôjû-ryû (branche Okinawa), jûjutsu japonais, kenjustu…
Expérience très enrichissante, c'est lui qui m'a conseillé de me mettre au kenjutsu, chose que j'aimerais beaucoup faire sous sa direction.. Même si j'aime le Japon, l'ambiance, mon ressenti va vers Okinawa et c'est là que j'aime m'entraîner, je ne saurais expliquer pourquoi: "le cœur a ses raisons que la raison ignore".
Mais j'adore tous les Japons… même le quartier japonais de Paris!


5) Que représente les armes dans le karaté traditionnel japonais ?

Tous les dôjô que j'ai fréquentés enseignent les armes. Pour certains, la majorité en fait, la pratique à main nue est la plus importante et la pratique armée représente un plus.
A l'inverse, le dôjô Kôdôkan de Matayoshi Shinpô sensei et le dôjô Renshikan de Gakiya Yoshiaki sensei enseigne d'abord les armes puis les techniques à mains nues. Au dôjô Kenshikai de Hokama Tetsuhiro sensei, la pratique des armes se fait dans le même cours et libre aux élèves présents de pratiquer ou non.

Il faut noter que l'arsenal guerrier d'Okinawa est assez différent de celui de Yamatû. Si l'arsenal de la métropole est plus spécifiquement destiné à un usage martial, celui d'Okinawa est issu du monde agricole, détourné de son usage premier.
Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, ce ne sont pas les Japonais de Satsuma qui interdirent la détention d'armes, mais le roi okinawaïen Shô Shin, par peur des révoltes. D'ailleurs l'interdiction réelle n'a jamais existé, une très forte restriction existait, les armes furent collectées dans un entrepôt sous bonne garde dans la ville portuaire de Naha, mais les besoins de sécurité intérieure nécessitaient la présence d'armes.
Les envahisseurs japonais maintinrent cette restriction, pour les mêmes raisons, mais il n'y eut pas d'interdiction totale. Il existe même des documents attestant que des sabres okinawaïens, en provenance d'Okinawa, étaient réparés et entretenus dans la province de Satsuma au Japon.
De plus, les responsables du développement et la codification des techniques armées furent des pratiquants issus de la classe des gens d'armes d'Okinawa. De nombreux chefs de files d'écoles actuelles de karaté et/ou de kobudô sont des descendants de familles nobiliaires.
Mais la situation économique d'Okinawa, dont la principale ressource était due au commerce outre-mer fut mise à mal pas l'apparition des commerçants portugais et hollandais.
Ces marins dont les navires étaient plus compétitifs et qui n'étaient pas soumis aux mêmes restrictions que les marins de la région ont finies par se tailler la part du lion. La richesse d'Okinawa décroissant, les nobles durent se faire agriculteurs, tandis que d'autres s'expatrièrent.
C'est d'ailleurs cette volonté de contrer les avancées des marins étrangers qui décida l'empereur japonais Tokugawa d'autoriser les vaincus de Satsuma d'envahir le petit royaume de Ryû-kyû.
Par cette autorisation, Tokugawa Ieyasu atteignait un quadruple but :
- Etablir une zone tampon, face à la progression des "barbares au long nez".
- Prendre le contrôle du commerce okinawaïen, en déclin, certes, mais toujours attractif.
- Avoir une porte ouverte sur le monde extérieur, alors qu'il avait interdit toute sortie vers l'étranger.
- Réfréner les ardeurs et désirs de révolte de ces anciens ennemis et par la même, s'assurer une relative tranquillité nécessaire à l'établissement de son nouveau gouvernement.
Cela divisait les forces de Satsuma qui, d'une part essayait de rétablir l'ordre ancien et d'autre part établissait une présence en des contrées lointaines, nécessitant de fortes dépenses.

Les armes sont donc très présentes à Okinawa. Au dôjô Kôdôkan de Matayoshi Shinpô sensei, les échauffements ou les hojo-undô (mouvements préparatoires) se faisaient souvent avec les armes, les plus lourdes, qu'elles soient bois ou en métal. Il en allait de même au dôjô Renshikan de Gakiya Yoshiaki sensei.
Lors de ma mémorable expérience en tant que uchi-deshi (disciple interne, à demeure), Gakiya me faisait faire des travaux de jardinage en m'enseignant les principes de coupe, tranchage, fauchage… Et les échauffements se faisaient avec le "bâton" en fer, la machette en bois lourd et le grand (donc, lourd) bouclier…

Il est vrai que les techniques à mains nues sont les plus développées aujourd'hui, mais les diverses et nombreuses démonstrations de karaté intègrent toujours des démonstrations d'armes.


6) Quel est votre constat sur la pratique du karaté traditionnel en Occident ?

J'ai souvent remarqué qu'en Occident, les gens imaginent que le dôjô est une église, un lieu sacré où l’on entre en s'excusant presque de venir perturber ce lieu sacro-saint. Tous les dôjô où je me suis entraîné étaient et sont des lieux de vie.
On y parle normalement, on y mange, boit, plaisante, les enfants y chahutent… Les gens qui passent pour regarder un entraînement étaient conviés à venir s'entraîner et même ceux qui venaient me chercher étaient conviés à prendre une boisson.
Autre chose qui m'a beaucoup étonné depuis que je suis rentré, c'est que les élèves ne sont et ne veulent n'être que des élèves et cela de leur propre volonté. Ici, les élèves suivent le prof, font tous la même chose en groupe sans vraiment chercher à être autonome. A Okinawa, le temps de la réelle formation ne dure que jusqu'au premier dan, passé ce stade, le deshi se doit de chercher par lui- même, bien sur il y aura toujours un plus avancé, senpai ou sensei, pour le guider, mais le travail est plus autonome.

En France, les gens viennent au cours de karaté et ne veulent que la technique, sans penser que le plus important ce sont les entraînements aux principes. Apprendre et intérioriser un principe, c'est se donner la possibilité de transposer ce principe dans de nombreuses techniques.
Une fois ces principes acquis, les seules choses nécessaires à la pratique ce sont les partenaires et la salle… et quelqu'un qui guide.

De nombreux karateka de France pensent qu'à partir de rien (en karaté), ils arriveront à quelque chose, simplement en répétant des mouvements techniques, sans passer par la case des moyens pour y arriver.
Je veux parler des hojo-undô, musculation spécifique aux arts martiaux, quels qu'ils soient. Pour palier à ce manque, dû aussi au fait que les instruments typiques d'Okinawa ne se trouvent pas facilement, certains se tournent vers les salles de musculation. Or, dans ces salles on trouve principalement des appareils guidés et/ou fixés. Je ne dis pas que ces appareils sont mauvais, mais les instruments typiques, et somme toute rustiques, d'Okinawa ont ceci d'intéressant qu'ils font travailler des chaînes musculaires entières, alors que les appareils modernes isolent les muscles. De plus, les instruments non fixés nécessitent de lutter contre la pesanteur et l'attraction terrestre.



7) Quel est votre prochain but à atteindre dans votre pratique ?

Un seul but dans ma pratique. Je continu à pratiquer en cherchant toujours à m'améliorer, faire des recherches et intégrer ce qui me paraît intéressant. En cela, je suis les conseils des sensei que j'ai eu la chance de côtoyer. Ils m'ont tous dit que "le vrai karaté traditionnel c'était la tradition du karaté, pratiquer, chercher… trouver, intégrer, quitte à ajuster à soi-même".

Depuis que les okinawaïens ont ramené le quan-fa à Okinawa, ou que celui-ci leur fut transmis, ils l'ont adapté à leur culture, leur morphologie… Quand les yamatu'n chû (japonais métropolitains) ont adopté le "ti" d'Okinawa, ils en ont fait de même et ils continuent, sans que cela ne gène personne, même à Okinawa.
D'ailleurs le dôjô (clos, parqueté…), le karate-gi, le rituel… tout cela est japonais, pas okinawaïen.
Le seul moyen pour que le karaté reste vivant, c'est qu'il évolue. C'est comme une langue, l'apport d'éléments nouveaux le fait progresser. De nos jours on ne parle plus le Français comme au 14ème siècle, mais on parle le Français. En karaté, on fait mawashi-geri (coups de pieds circulaires), ce qui ne se faisait pas dans le "karaté" d'une certaine époque, au regard des koshiki-kata (kata anciens), on en fait aujourd'hui, mais pourtant on fait du karaté.


8) Avez vous envisager de pratiquer un autre arts martial avec armes ?

Oui, durant mes années de fac, j'ai joué au kendô, dans le cadre de mes études. Je dis "joué", car pour moi une année ne mérite vraiment pas qu'on s'y attarde. Mais, si j'avais eu la possibilité de me dédoubler et de trouver le bon sensei, dans un vrai dôjô, j'aurais aimé continuer.
D'ailleurs, il y a deux ans, j'ai participé au stage de Kai Kuniyuki sensei et il m'a conseillé de pratiquer le sabre.
LE KIME EN KARATE TRADITIONNEL

LA NOTION DU KIME EN KARATE TRADITIONNEL

KIME
Les professeurs de karaté exigent généralement de leurs élèves un « kime » énergique, celui-ci étant censé être le secret qui confère au karaté sa légendaire efficacité. Cependant peu d’explications sont fournies. Tout au plus le karatéka comprend-il qu’il doit frapper fort. Certes, ceux qui s’entraînent depuis plus de dix ans n’ont pas besoin des mots pour comprendre ce que signifie avoir un bon kime ; cela se sent. Encore que… Anecdote : un 4ème dan, policier en civil, raconte une mésaventure : « Je frappais, je frappais et le gars ne bronchait pas… » Quinze ans d’entraînement pour en arriver là, quelle tristesse ! Et ce n’est pas un cas isolé.
Nous négligeons trop souvent ce qui nous semble évident. En conséquence, nous faisons mal de nombreuses choses simples. Le kime est l’exemple parfait d’une technique apparemment simple, donc négligée, mais réellement complexe, donc mal exécutée puisque tous les paramètres ne sont pas appréhendés correctement.
« Kime » signifie « énergie pénétrante ». Lors d'un atemi (coup porté sur le corps), le kime correspond à la brève et intense libération de l'énergie sur le point d'impact. Alors que les experts le présentent comme essentiel, la littérature sur ce sujet est curieusement restée quasi-vierge de toute velléité d’analyse. Cet article essaiera modestement de combler cette lacune.
Après nous être interrogé sur sa pertinence, nous décortiquerons la méthode permettant d'obtenir un bon kime puis nous verrons quelles évolutions sont possibles pour les gradés.

KIME OR NOT KIME ?
Pour le spectateur, ce qui caractérise le karatéka, c’est l’alternance de gestes extrêmement rapides, le plus souvent rectilignes, et de brefs moments d’immobilité totale (entre un dixième et une seconde environ). C’est cet arrêt net et précis à la fin de chaque technique obtenu grâce à une forte contraction musculaire qui est nommé « kime ».
Le travail d’un boxeur au punching-ball est fort différent : il réalise, d’un mouvement rapide et continu du poing, de petits cercles qui viennent percuter le ballon. Objectif : acquérir la plus grande vitesse d’enchaînement possible afin de multiplier les touches, fatiguer l’adversaire et marquer des points. Tous les sports de combat (ainsi nommés par opposition aux arts martiaux) ont adopté les mouvements circulaires (swing, crochet) et courts (direct, uppercut) car ils permettent d’assener des séries de coups impressionnantes de vélocité. Cependant, la mise hors de combat de l’adversaire ne surviendra qu’après avoir porté de nombreux impacts, la plupart d’entre eux n’étant que de simples touches, parfois dures mais rarement décisives car seul le bras entre réellement dans la puissance de la frappe et les trajectoires courtes ne génèrent pas suffisamment d’énergie. Le K.O. ne surviendra qu’après plusieurs rounds sur un adversaire affaibli.
Nous sommes à l’opposé des principes fondamentaux de la plupart des styles de karaté : Shotokan, Shito-ryu, Goju-ryu, Uechi-ryu, etc. Même si l’on observe fréquemment des évolutions sportives de ces arts martiaux, ils ont été conçus à des fins d’autodéfense (goshin) et restent imprégnés de leur vocation initiale.
La victime d’une agression dispose d’une fraction de seconde pour surprendre et éliminer son agresseur même si celui-ci dispose d’un avantage physique. En effet, lorsque l’agresseur agit, son esprit est mobilisé par la conduite de son action, elle-même motivée par des mobiles inavouables, et s’il attaque c’est qu’il est persuadé de sa supériorité. Il est donc loin d’avoir l’esprit libre et tranquille (mizu no kokoro). Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, un esprit encombré est inapte à l’observation, à l’analyse et au choix de la bonne décision. Paradoxalement, l’agresseur qui se croit fort est en réalité dans un état de relative faiblesse. Ainsi la victime a-t-elle l’opportunité de renverser la situation à son avantage si elle utilise judicieusement ces brefs instants où les défauts de la cuirasse sont exploitables. Par contre si l’assaillant n’est pas immédiatement neutralisé, un combat va s’engager et là l’avantage de la surprise aura disparu. Un atemi unique et décisif entraînant K.O. ou invalidité fonctionnelle constitue donc la meilleure réponse à l’agression violente. De plus, c’est la seule solution réaliste lors d’une attaque perpétrée par plusieurs individus ; si vous consacrez trop de temps à la maîtrise d’un adversaire, le combat est perdu d’avance. Cette technique porte un nom : « chi-mei », littéralement coup mortel. Elle est, à mon sens, un des piliers de l’art martial.
Si l’on souhaite dépasser l’aspect sportif de son entraînement et acquérir une efficacité sans faille dans toutes les situations de violence, il s’avère indispensable de se préparer au chi-mei, or le kime est indissociable de celui-ci. De fait, le chi-mei exige une technique parfaite, une précision absolue, un timing impeccable, une inébranlable détermination et une puissance explosive que seul le kime peut conférer, nous verrons pourquoi plus loin. Dans le cadre de l’art martial, se forger un solide kime semble bien incontournable. Pourtant, certains experts, assez rares il est vrai, dans le style Shotokaï par exemple, pratiquent sans kime. À ce jour, leurs explications et démonstrations ne nous ont pas convaincu ; c’est pourquoi nous développerons nos propres arguments sans nous émouvoir des quelques divergences que le monde des arts martiaux héberge.
Pour la majorité des spécialistes, le terme « kime » désigne l’instant de la contraction musculaire à la fin de l’atemi. Cependant on ne peut dissocier cette explosion d’énergie de la phase d’accumulation puisque celle-ci conditionne la puissance du kime. Notre analyse portera donc sur l’ensemble des paramètres constitutifs de l’efficacité du kime.
• Le kime garantit l’efficacité de l’atemi.
L’énergie cinétique (E) d’un mobile est égale à la moitié du produit de sa masse (m) par le carré de sa vitesse (v). Soit : E=½mv2. C’est pourquoi, en karaté, nous travaillons inlassablement notre vitesse et mobilisons, autant que faire se peut, le corps entier sur chaque technique (la poussée du hara vers l’avant en tsuki ou geri). Mais que se passe-t-il au moment de l’impact ? Imaginons deux objets de forme identique et de même poids animés de la même vitesse ; l’un est en acier très épais mais creux, l’autre est en caoutchouc. Ces deux mobiles dont les énergies cinétiques sont identiques vont-ils causer les mêmes dommages en cas de collision avec un obstacle ? Évidemment non ! le caoutchouc va faire office d’amortisseur : sa déformation va dissiper une part notable de l’énergie totale. Alors que l’acier, indéformable, va démolir la cible, le caoutchouc va s’écraser puis rebondir dessus.
Le corps du karatéka peut se comparer à ces deux mobiles. Lors du kime, la contraction de l’ensemble des muscles transforme le corps en un bloc solide et l’énergie développée par la technique se propage intégralement dans la cible. A contrario, un relâchement, même partiel, introduit de multiples zones d’absorption d’énergie comme dans les modernes carrosseries de nos véhicules automobiles ; la cible ne reçoit qu’une fraction de l’énergie.
• Le kime permet une grande précision.
À l’impact, la contraction simultanée des muscles agonistes (qui créent le mouvement) et des muscles antagonistes (qui s’opposent au mouvement) fige le geste dans une position très précise. Lors d’une frappe du poing dans le vide, on observe parfois un tremblement d’une dizaine de centimètres d’amplitude latérale quand le kime n’est pas parfait, or l’efficacité exige une précision de l’ordre du centimètre, voire moins. De plus, un kime correctement exécuté permet de moduler la pénétration de l’atemi, donc les effets de celui-ci.
• Le kime assure la stabilité.
En aïkido, de nombreuses techniques s’exécutent sur un adversaire qui attaque avec oï tsuki (coup de poing en avançant). Cependant, les aïkidokas pratiquent presque tous oï tsuki sans kime. Utiliser ce mouvement en l’amplifiant pour projeter Tori (l’attaquant) est ainsi très facile, mais sur un oï tsuki de karatéka, rapide et avec un solide kime, seuls les véritables experts parviendront à réaliser une projection. En effet, dans la pratique habituelle du tsuki d’aïkido, Tori est vulnérable sur toute la trajectoire de son attaque et même après. Avec kime, seule la fraction de seconde précédant l’impact offre une opportunité à l’adversaire ; ensuite, Tori est indéracinable.
• Le kime induit une conviction sans faille.
Le kime n’est pas un réflexe naturel. Pour que le kime s’exprime, il faut le vouloir. Au dojo, le karatéka qui recherche le maximum d’efficacité (le chi-mei) conjugue simultanément l’ensemble de ses capacités physiques et psychiques : l’intégralité du ki (l’énergie fondamentale) est dirigée vers l’objectif. Dans la plupart des sports l’entraînement est essentiellement physique. Cela impose à l’entraîneur de préparer mentalement son athlète (sophrologie, programmation neurolinguistique, etc.) pour chaque compétition, seul moment où l’esprit est totalement sollicité. L’entraînement traditionnel de karaté, compte tenu de cette recherche du chi-mei, intègre en permanence le mental et le physique dans une même dynamique. Ainsi la sollicitation physique du karatéka dans le cadre d’une agression mobilise automatiquement ses capacités mentales car la réalisation d’une technique se fait instinctivement avec le soutient total de la sphère psychique. À l’inverse du sportif lambda, le karatéka est toujours prêt.
• Le kime évite des blessures articulaires.
Lors des premières séances de tsuki, les débutants se blessent parfois le coude. Le poing, lancé vers l’avant, entraîne la bras dans une extension complète et l’articulation du coude arrive en butée, aidée parfois en cela par le blocage adverse, ce pour quoi il n’est pas conçu. Un bon kime juste avant l’extension complète du bras évitera ces douleurs invalidantes. Bien pratiqué, notamment avec un bon kime, le karaté ne doit occasionner aucune lésion de l’appareil locomoteur.
• Le kime évite de se faire contrer trop durement.
De nombreux combattants ont subit la douloureuse expérience du K.O. respiratoire. Aucune conséquence fâcheuse, mais ça fait mal. Un kime défaillant n’a pas permis une bonne contraction de la sangle abdominale et la technique adverse est venue bousculer les organes, déclencher un spasme du diaphragme et, bien sûr, bloquer la respiration. Le karatéka confirmé ne devrait plus subir cet inconvénient.

LES PARAMÈTRES D’UN BON KIME.
J’espère que vous êtes maintenant convaincu de l’utilité du kime. D’ailleurs, un coup d’œil sur les compétitions de combat de karaté suffira à finir de vous convaincre : alors que le contrôle est obligatoire (à la tête, les coups doivent effleurer), il est fréquent d’assister à des K.O. quand le contrôle d’un tsuki n’a pas été parfait, malgré l’amorti du gant (3 centimètres de mousse) et un contrôle partiel car celui-ci existe toujours même s’il est mal géré. On imagine aisément ce que pourrait être un tsuki à main nue donné à pleine puissance.
Essayons donc de cerner les paramètres constitutifs du kime parfait.
On a compris qu’au moment de l’impact le corps devait être contracté de manière à former un bloc rigide. Cependant, ce n’est pas suffisant ; si vous contractez l’ensemble de votre musculature dans votre lit, aucun adversaire ne va tomber sauf, peut-être, dans vos rêves. Votre position à l’instant où la contraction a lieu est d’une énorme importance ; une bonne et solide position arrêtera un taureau qui charge (d’accord… un petit taureau). Et puis l’instant où le kime se produit n’est pas anodin : un kime dans le vide n’a jamais éliminé le moindre adversaire. Quoique… à Bercy, lors d’une très médiatique nuit des arts martiaux, des spectateurs médusés en ont vu la démonstration. Mais on a beaucoup sifflé.
Le kime repose donc sur la mobilisation d’une énergie maximale alliée à une technique qui permet de la transmettre intégralement à l’adversaire. Voici les points essentiels à surveiller.
• D’où vient l’énergie ?
L’organe central et essentiel à la vie a longtemps été, en Occident, le cœur. Puis le cerveau l’a supplanté dans ce rôle. Les cultures japonaise et chinoise placent depuis des millénaires le centre de la vie dans le hara (aussi nommé « tanden »). Situé environ trois doigts sous le nombril, il est défini comme le centre du ki, lui-même source de la vie. Cependant, même si nous n’adhérons pas aux théories bouddhistes, taoïstes, le yin et le yang, etc. ce point n’en reste pas moins le centre de gravité du corps. Ainsi, quand l’instructeur demande de sentir que l’énergie vient du hara, quel que soit le système de pensée auquel on se réfère, cela a du sens.
Bien évidemment, l’énergie produite dans le kime est potentiellement en nous (la vitesse de déplacement et celle de la technique proprement dite sont le fruit d’un pur travail musculaire). Mais le kime d’un bon karatéka ressemble à une véritable explosion d’énergie, d’où les idées teintées d’occultisme d’aller puiser dans l’énergie cosmique ou tellurique. Tel instructeur japonais demande de capter l’énergie du sol par la plante des pieds, de sentir qu’elle se concentre dans le hara et fuse par les kento. Tel autre recommande de se sentir en harmonie avec l’univers pour se remplir du ki universel. Bien que surprenantes pour nos esprits cartésiens, ces consignes donnent néanmoins des résultats tangibles. Les esprits pragmatiques et allergiques à la poésie ésotérique en feront facilement, si nécessaire à l’aide des paragraphes suivants, des traductions conformes à la culture occidentale : la première des consignes se référant au physique, la seconde au psychique.
• Contraction musculaire.
À l’impact, pour que le corps se transforme en bloc d’acier, la contraction musculaire doit être intense et quasi générale, mais elle doit cesser très rapidement après le contact. C’est un défaut classique du débutant de rester crispé. Or, pour aller vite, les muscles doivent être détendus, souples. Seuls les muscles moteurs doivent se contracter. L’idéal en karaté est de donner une impulsion au départ puis de laisser partir le poing ou le pied en totale décontraction, comme une pierre que l’on jette. En bout de course, la contraction simultanée de tous les muscles fige le mouvement dans une position précise. Si la technique se termine en même temps que le déplacement, le karatéka frappe avec tout son corps, pas seulement avec un bras ou une jambe, ce qui implique que le centre de gravité (le hara) soit le point d’application de la force à transmettre à l’adversaire, donc qu’une forte contraction de la sangle abdominale assure une liaison solide des membres avec le tronc.
L’alternance rapide de phases de contraction et de relâchement est une des bases fondamentales de l’apprentissage du karaté. Les abdominaux sont les seuls muscles que l’on peut (et que l’on doit) conserver en tension durant un combat ou un kata. En effet, les muscles moteurs prennent appui sur la sangle abdominale ; pour démarrer efficacement, il faut que celle-ci soit déjà contractée. De plus, le temps de réaction des abdominaux est assez long ; les maintenir en tension est nécessaire si l’on souhaite pouvoir réagir rapidement. A contrario, une tension permanente dans un groupe musculaire tel que les épaules, les pectoraux et les dorsaux est un énorme gaspillage d’énergie (elle n’est pas inépuisable) et un frein qui s’oppose au mouvement. Pour amorcer un geste, il faut d’abord décontracter les muscles antagonistes, manœuvre beaucoup trop lente pour une prompte réaction face à l’attaque adverse.
• Position.
La position du corps doit être telle qu’aucune perte d’énergie ne survienne. Qu’une épaule se lève ou qu’un coude s’écarte du corps, et seul le bras frappe car il est déconnecté de la poussée du hara. La position du karatéka lors d’un impact peut se comparer à un butoir de chemin de fer : bien que relativement léger, il suffit pour arrêter un train qui circule à faible vitesse. Deux paramètres y contribuent : sa géométrie et la solidité de sa fixation au sol. Pour la géométrie, le karatéka surveillera la rectitude de sa jambe arrière : tendue, elle supportera une force colossale ; fléchie, une poussée violente de l’adversaire ne lui permettra pas de résister. L’inclinaison de cette jambe arrière tendue, obtenue grâce à une bonne flexion de la jambe avant, est déterminante : plus la jambe arrière se rapprochera de l’horizontale, plus la puissance supportée sera élevée, avec une limite liée à l’adhérence du pied sur le sol. À chacun de trouver le bon compromis qui dépendra, entre autres, de la nature du sol, mais il faut sentir la plante de ses pieds, de la pointe des orteils au talon, collée au sol.
• Pénétration.
L’entraînement au makiwara ou au sac de frappe donnera toutes les clés sur l’instant où le kime doit intervenir : juste au contact ou, plus loin, après avoir pénétré d’une dizaine de centimètres. Comprenons simplement que la pénétration aboutie à un écrasement des tissus, alors que le kime libère une onde de choc. Le système osseux propage facilement l’onde de choc, mais les tissus mous l’absorbent ou l’atténuent. Il faut donc compresser les tissus mous avant de libérer le kime (abdomen). Quand les os sont immédiatement perceptibles sous le point d’impact (la tête), le kime peut se faire dès le contact. Sur les parties osseuses élastiques (cage thoracique), kime de surface et kime profond auront des effets différents. Certains experts font des démonstrations spectaculaires (à ma connaissance, c’est Bruce Lee qui en est, sinon l’inventeur, au moins le vulgarisateur) : le poing placé sur le sternum d’un partenaire, bras fléchi, ils tendent brusquement le bras (phase finale du tsuki). La compression de l’avant de la cage thoracique est suivie de l’expansion de l’arrière de celle-ci et se traduit par une projection impressionnante. Si plusieurs personnes sont placées l’une derrière l’autre, poitrine étroitement collée au dos du précédent, c’est la dernière qui subira la projection. Cependant ces experts sont des inconscients : ces techniques peuvent léser gravement les organes sous-jacents de leurs malheureux partenaires.
Extrait du SAKURA Sensei
LE KIME EN KARATE TRADITIONNEL ( SUITE)

• Durée.
Dans les kata, il est d’usage de moduler la durée et l’intensité du kime. À quoi cela correspond-il dans la réalité ? Lorsque Tori, à l’aide d’une technique de percussion, applique une force sur l’adversaire, il subit en retour une force de réaction (cela n’est pas seulement théorique : tous les karatékas font la différence entre un tsuki dans le vide et sur un sac de frappe). Si le kime de Tori est bon (position, contraction, ancrage), cette force sera neutralisée et l’énergie générée par le choc intégralement transmise à l’adversaire ; dans le cas contraire, Tori risque fort d’être déséquilibré et renversé. En cet instant, la sensation de puiser l’énergie dans le sol aidera à construire l’efficacité de ses atemi grâce, notamment, à la qualité des appuis qui découle de cette sensation. On déduit aisément de cette analyse que le kime doit durer le temps nécessaire à la neutralisation de la force de réaction : long kime sur le hara d’un adversaire lourd qui charge, kime très bref, en attaque à la tête, sur un adversaire immobile ou qui recule.
• Apprentissage du kime.
La technique oï tsuki en zen kutsu dachi est parfaite pour apprendre à produire un solide kime car, comme on l’a vu, celui-ci ne se résume pas à ce qui ce passe à l’instant du choc : décontraction au départ (sauf les abdominaux), accélération brutale (poussée sur le pied arrière, traction du pied avant), position stable (pieds de part et d’autre de l’axe, pointés vers l’avant, jambe arrière tendue) et standardisée au millimètre près à l’arrivée, synchronisation du coup de poing avec la fin du déplacement (l’instant où le pied avant s’enracine dans le sol) et contraction simultanée, intense et brève, de l’ensemble des muscles nécessaires à une poussée vers l’avant. Souvent, les débutants achèvent oï tsuki avec la jambe arrière fléchie ou le talon levé ; ils adoptent ensuite la bonne position, jambe tendue et talon au sol dans l’effort louable de se conformer aux consignes de leur professeur. Cette erreur doit être immédiatement corrigée. C’est à l’instant de l’impact que cette position est utile.
Un long entraînement au choku tsuki (coup de poing fondamental) en hachiji dachi donnera l’indispensable technique de bras. Notons deux points essentiels : la rotation du poing à l’impact et le hikite.
1. Tourner les phalanges vers le sol pendant les derniers centimètres de la trajectoire du tsuki permet surtout d’éviter au coude de s’écarter du corps ; un coude qui s’écarte est plus visible pour l’adversaire et il fait perdre de la puissance. La rotation elle-même entraîne la contraction de l’avant bras et le solidarise avec le poing ; on évite ainsi les entorses du poignet. Durant toute la trajectoire strictement rectiligne, le poing doit rester aligné avec l’avant-bras (position des pompes sur les deux kento, index et majeur). Attention au mouvement de fouetté de type uraken remontant qui donne une sensation de kime mais place le poignet dans une position de fracture potentielle sur une portion assez longue de la trajectoire.
2. Le hikite (tirer le poing en arrière) est constitué d’une rotation brusque du poing, phalanges vers le haut, lorsqu’il arrive à la hanche et d’un mouvement du coude que l’on ramène dans le plan sagittal, ce qui provoque la contraction des muscles dorsaux. Tsuki et hikite doivent être parfaitement simultanés. Le kiaï renforcera la contraction abdominale. Le kime dépend de la parfaite synchronisation de tous ces éléments. Le poing qui exécute le hikite vient se placer juste au-dessus de la hanche, position qui offre une excellente protection des côtes flottantes.
Une dernière observation : en passant du choku tsuki au oï tsuki, nombre de débutants synchronisent le mouvement de bras sur le déplacement. Le coup de poing devient ainsi très lent car il démarre et se termine en même temps que le déplacement ayumi ashi. Le poing qui frappe doit être maintenu à la hanche pendant tout le déplacement et libéré brusquement au moment où le pied se pose. Ainsi réalisé, le tsuki (c’est vrai pour toutes les formes d’atemi) doit produire un claquement sec du tissu du kimono comme celui que l’on obtient avec un fouet.
• Sans déplacement.
Le oï tsuki a permis d’utiliser le déplacement pour développer la puissance générale de la technique. Qu’en est-il pour les techniques où le déplacement n’est pas possible comme un gyaku tsuki sur place ? La réponse habituelle des experts est de préconiser une rotation rapide des hanches afin que le hara soit le centre énergétique de la technique : le gyaku tsuki va s’accompagner d’un passage de han mi zen kutsu dachi ou fudo dachi (corps à 45°) à zen mi zen kutsu dachi (corps de face). Deux points sont à surveiller :
1. Sensei Ohshima était très ironique, lors d’un stage à Paris en 1980, sur « ceux qui n’ont rien compris et qui font la danse du ventre ». De fait, de nombreux karatékas utilisent les hanches de manière totalement déconnectée du reste du corps. Ainsi, le renforcement de la technique de bras est totalement illusoire puisque cette oscillation des hanches relâche les abdominaux, mais, le pire est le risque de se démolir les vertèbres lombaires. Sensei Tokitsu avoue s’être sévèrement blessé en suivant aveuglément pendant quelques années les enseignements de Sensei Kase dont il fut l’assistant à Paris (Officiel Karaté N°14 octobre 2005). Il est impératif de lier la rotation des hanches avec celle des épaules. Le corps doit tourner en bloc sans torsion de la colonne vertébrale.
2. Tourner autour de l’axe vertical du corps n’ajoute pas suffisamment d’énergie à la technique. Il faut obtenir une nette avancée du hara pour que l’effet soit sensible. S’il s’agit d’un hidari gyaku tsuki (à gauche) en migi kamae (garde à droite), il faut pivoter autour de la hanche droite ; ainsi, le hara est propulsé en avant. En anticipant quelque peu, il sera souvent possible d’augmenter le déplacement du hara vers l’avant en réalisant un déplacement yori ashi (pas glissé). Une bonne flexion de la jambe avant ajoutera quelques centimètres de pénétration.
D’autre part, si nous reprenons l’image du butoir de chemin de fer, celui-ci n’a aucune énergie propre. Pourtant il arrête le train. Même si le karatéka ne s’est pas déplacé et n’a qu’une faible énergie cinétique à opposer à l’attaque adverse, à condition que la position soit bonne et le tonus musculaire adéquat, il peut stopper durement un adversaire. Dans ce cas l’énergie dissipée dans le choc est essentiellement fournie par l’attaquant. Cependant, le kime demeure indispensable pour assurer la résistance de l’édifice sur lequel vient s’empaler l’assaillant.
• Kime sur quelles techniques ?
Pour le débutant, la réponse est simple et sans ambiguïté : il faut faire un kime sur toutes les techniques mais avec des nuances en fonction de la finalité de celles-ci. Un blocage qui n’est qu’une déviation de l’attaque adverse ne nécessite pas une grande puissance ; dans ce cas un kime bref permet d’enchaîner rapidement la contre-attaque qui sera soutenue par un kime nettement plus marqué. Si, dans les kime en zen kutsu dachi, l’objectif est de transmettre une force maximum vers l’avant, en ko kutsu dachi, le but est d’absorber et de dévier la force. Pour reprendre les sensations décrites plus haut, en zen kutsu dachi, on puise l’énergie dans le sol pour l’expédier sur l’adversaire, en ko kutsu dachi, on sent l’énergie de l’adversaire s’écouler dans le sol. Dans les deux cas, le kime permet une liaison solide entre l’arme naturelle qui frappe (ken, shuto, ude, etc.), le hara et le sol via les pieds. En kihon, on s’efforcera de produire un kime maximum sur toutes les techniques. Le kata, dès le Heian shodan introduira les subtilités nécessaires, durée et intensité, pour une progression harmonieuse vers la maîtrise.
Très vite cependant, le karatéka découvre toute une panoplie de techniques dites « rebondissantes » : kin geri, uraken uchi, yoko geri keage, etc. Pas de kime mais un rebond sur la cible. Leur efficacité absolue est largement moindre mais elles ont leur intérêt : elles permettent des enchaînements très rapides et évitent de se faire saisir. Et certains points vitaux ne nécessitent pas de frapper fort (yeux, gorge, tempe, etc.). Pour bien réaliser ces techniques, l’apprentissage d’un bon kime sera un préalable qui permettra de mieux comprendre les alternances rapides de contraction et de relâchement musculaire. Toutefois, aucune de ces techniques n’arrêtera un adversaire qui charge, a fortiori un taureau, ce qui les prédestinent à l’attaque. En défense elles devront être couplées à une esquive.
• Avec un adversaire.
La distance qui sépare Tori de son adversaire doit permettre une frappe efficace. Jamais il ne faut compenser une distance défectueuse par une inclinaison du buste : vers l’avant quand on est trop loin, vers l’arrière dans le cas contraire. L’énergie se concentre dans le hara. Pour cela, il est nécessaire de maintenir son corps bien vertical, l’abdomen légèrement en avant des épaules. Une légère bascule du buste vers l’avant, hors l’exposition excessive du visage, décontracte les abdominaux ; toute efficacité disparaît.
Pour finir, soulignons l’importance de la bonne exécution technique des différents paramètres exposés ci-dessus. C’est la maîtrise totale de ceux-ci qui confère au kime sa puissance. Il ne faut jamais développer la sensation d’être fort car cela se construit dans la lutte contre la contraction des muscles antagonistes qui a pour effet de freiner le mouvement. Quand vous vous sentez fort, vous l’êtes beaucoup moins que vous ne le croyez. C’est l’adversaire qui doit sentir votre force, pas vous.
• Unité du corps et de l’esprit.
Sans le mental, la technique n’est rien. Cette vérité fondamentale doit inonder l’esprit du karatéka en permanence. On considère généralement que l’efficacité repose sur 20% de capacités physiques, 30% de maîtrise technique et 50% de mental. Pour ma part, et sans remettre en question leur importance respective, je pense que chaque composante est indispensable : si le mental est absent, il ne reste pas 50% d’efficacité, elle est nulle ; idem sans technique. Les capacités physiques, elles, ne sont jamais nulles ; ce n’est pas une raison pour les négliger. Améliorer sa souplesse et sa vitesse sont des éléments importants de l’entraînement, mais l’esprit doit faire l’objet de toutes les attentions afin d’en perfectionner le fonctionnement. L’esprit doit être un outil, pas un handicap. À cette fin, dans le recherche du chi-mei, l’esprit doit totalement s’investir et ne laisser aucune place à une éventuelle pensée parasite. Cet investissement se retrouve dans le kiaï qui doit être puissant et profond. Un bon kiaï naît dans le hara et fait trembler les murs. J’entends trop souvent des kiaï timides, qui s’étranglent dans la gorge, témoins de freins psychologiques sous-jacents.

POUR ALLER PLUS LOIN.
La recherche et l’amélioration du kime doit être un souci permanent du karatéka jusqu’au cinquième dan. Au delà, la subtilité deviendra prépondérante. Cela ne veut pas dire qu’un premier ou deuxième dan ne peut pas faire preuve de finesse, mais le kime reste le point essentiel de sa force de dissuasion et c’est sur elle que repose sa sérénité. Le karatéka doit être capable de mettre K.O. n’importe quel individu à l’aide d’un seul atemi. Cependant la subtilité peut fort bien porter sur le kime lui-même.
Est-il toujours nécessaire de tourner le poing à l’impact ? Si la pénétration d’un tsuki est de plusieurs centimètres, il est utopique de vouloir tourner le poing à la fin de la trajectoire car les frottements s’y opposent fortement, mais le poignet doit être parfaitement maintenu, donc la rotation doit être amorcée pour assurer la contraction de l’avant-bras. Jodan, sur un adversaire de grande taille, le tsuki classique est inadapté car ce sont les doigts et non les kento qui touchent les premiers. Dans ce cas, tate tsuki (poing vertical) est préférable, une bascule du poing vers le bas remplaçant la traditionnelle rotation. De nombreux karatékas, même de haut niveau, continuent cependant à tourner les phalanges vers le bas en attaquant jodan, à cause des protections qui ne permettent pas la finesse de l’analyse que nous venons de présenter. Une difficulté équivalente se présente avec les débutants ou certains avancés qui attaquent chudan à faible distance ; en voulant absolument tourner le poing, ils se retrouvent avec le coude largement sorti sur l’extérieur et l’épaule levée alors que tout irait pour le mieux avec ura tsuki dont la rotation en sens inverse produit le même effet de contraction de l’avant-bras. Ainsi la rotation du poing s’avère indispensable en apprentissage car elle inculque le verrouillage du poignet à l’impact, mais une fois cet automatisme acquis, il convient de s’échapper des contraintes éducatives. Rappelons-nous qu’une des grandes qualités du karatéka est l’adaptabilité aux circonstances. Cette dernière consigne est toutefois à prendre avec prudence. Certains pensent pouvoir évoluer vers des sensations plus personnelles alors que les bases ne sont pas totalement maîtrisées (Cf. notre 4ème dan de l’introduction). Il faut suivre rigoureusement les conseils de son sensei.
Quels sont les effets de l’onde de choc ? Les os peuvent se briser ; les organes peuvent être lésés. Quelles lésions, avec quels effets ? Instantanés ou différés ? Le champ exploratoire est immense. Dans cette optique, on pourra tester quelques options.
Premièrement, le dosage du kime et d’abord une mise au point : il ne faut pas confondre la vitesse instantanée à laquelle arrive une technique et le temps mis pour réaliser cette technique. En raccourcissant les mouvements, vous mettez moins de temps mais vous arrivez moins vite, donc avec moins d’énergie. Faites attention à ne pas cultiver les illusions et travaillez toujours avec de longues trajectoires. Certes, il est possible d’améliorer son accélération, mais il est préférable d’en profiter pour développer une puissance supérieure. Pour réaliser un geste plus court qui prend moins de temps, inutile de s’entraîner, cela se fera instinctivement devant la nécessité. Ce n’est donc que la phase finale de contraction générale qui doit décider des modalités de transmission de l’énergie à l’adversaire. La perte d’énergie due à un déplacement trop lent ne peut pas être compensée par un kime miraculeux. Le kime parfait transmet au maximum E=½mv2 ; il ne rajoute rien, mais comme nous l’avons déjà dit, cette énergie peut provenir de l’adversaire. En conséquence, le dosage procèdera uniquement par amputation d’une partie de l’énergie disponible en jouant sur la durée du kime, sa pénétration, l’intensité et la répartition de la contraction musculaire.
Ensuite, le double kime : après un premier kime, le poing est libéré pour aller faire un deuxième kime quelques centimètres plus loin et quelques millièmes de seconde plus tard. Le premier kime a comprimé les tissus, le deuxième pourra donc se propager plus loin car les tissus seront plus fermes, plus conducteurs. D’autre part, un organe propulsé dans le sens de la frappe sera en phase de rebond lors du deuxième kime et encaissera le deuxième choc beaucoup plus durement.
Sensei Nishiyama parle d’un kime vibratoire, qui n’est en fait qu’une succession très rapide de plusieurs kime, dont les effets principaux pourraient se manifester avec un jour ou deux de retard, voire une semaine. Nous entrons là dans le domaine des techniques dites « secrètes ». L’intelligence alliée à de nombreuses années de pratique permettra à quelques karatékas privilégiés de pénétrer les arcanes de certaines d’entre elles. D’autres seront transmises selon l’ancestral système du maître à son disciple, cette relation survivant camouflée dans la pratique de masse actuelle.
L’analyse hyper fine des composantes du kime doit aboutir à une totale maîtrise, mais il faut se souvenir que le mental reste le paramètre crucial. Or, si le physique atteint vite ses limites, la sphère psychique recèle des ressources qui semblent quasiment inépuisables. Par exemple, comme nous l’avons déjà souligné, l’esprit doit accompagner l’atemi pour que le kime soit fort. Dans les kata, on veillera à ne pas laisser le regard errer au hasard mais à le focaliser sur l'adversaire. En kumite, on ne se laissera pas distraire par des évènements sans rapport avec le combat. Certes, la direction du regard n’est qu’une conséquence de la disponibilité de l’esprit, mais quand l’instructeur exige que le regard soutienne la technique, il induit automatiquement la mobilisation de l’esprit à cette fin. Le karatéka intransigeant qui procède à une introspection sans complaisance remarquera que l’engagement total de l’esprit est la clé du kime parfait, composant indispensable de la technique efficace. Cela ouvre un champ d’investigations incommensurable : débarrasser l’esprit des a priori, des doutes, des peurs, des conditionnements, des émotions… C’est-à-dire le soustraire à toute forme de conflit ; en d’autres termes qu’il soit en harmonie… et pourquoi pas avec l’univers ? Quand, avec l’âge, les capacités physiques déclinent, il est rassurant de savoir qu’un potentiel de progression immense reste accessible.
Le kime est dépendant de notre disponibilité d’esprit, de notre maîtrise technique et de notre condition physique : « shin-ghi–taï ». Son intensité sera donc éminemment variable. Toutefois, il est impératif de rechercher l’amélioration permanente de deux points essentiels :
• La puissance maximale
• La capacité à moduler cette puissance.
Sauf demande expresse du professeur ou recherche particulière, travaillez toujours avec kime, donc avec l’esprit entièrement impliqué dans l’action. C’est la condition sine qua non pour obtenir une force hors du commun et la capacité de la doser.
Quant aux techniques apparemment sans kime telles que les projections, kansetsu waza (techniques de luxation) et dégagements, un kime placé au moment crucial en décuplera l’efficacité. Attention au dosage ; l’intégrité physique du partenaire d’entraînement exige un kime modéré et parfaitement contrôlé.
Rappelons nous les principes du zen :
« Quand je marche, je marche. Quand je mange, je mange. » Ce qui signifie qu’on ne fait jamais deux choses en même temps et que l’esprit s’investit totalement dans l’action du moment.
Soyez zen et dites :
« Quand je fais kime, je fais kime. » Et que le regard transperce l’adversaire, que claque le kimono et tremblent les murs !
extrait ecrit par SAKURA Sensei




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Pascal HERADY à Mbuji Mayi


Guislain HERADY, fils du Maitre HERADY.( 3 ans)
Heritier du karaté traditionnel

Le bon moment de l'apprentissage c'est l'enfance, c'est le moment ou il faut donner une orientation à l'enfant, l'initier dans la voie des voies pour qu'il grandisse avec sagesse et en bonne santé physique, physiologique et psychique, pour qu'il assume le rélève et vivre une vie saine. " The way of balance ; school of life"


HERADY à Mbuji Mayi





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