Sciences - Sciences de la vie
GESTION DE LA BIODIVERSITE A L'UNIVERSITE DE KISANGANI

Master en Géstion de la Biodivérsité à l'unikis(2006-2007)
Programme du DEA en Géstion de la Biodiversité à l'Université de Kisangani, Faculté des Sciences.
Lundi 12 Novembre 2007: Dépôt des Dissertations à la Faculté des Sciences de l'UNIKIS.
Jeudi 13 Décembre 2007: Défense publique des Dissertations (30 dissertations) à l'Amphithéâtre de l'UNIKIS.

MASTER EN GESTION DE LA BIODIVERSITE ET AMENAGEMENT FORESTIER (2 ANS)
Début des enseignements à partir de 9heures. salle: 2B4 de la Faculté des Sciences(UNIKIS)
Le programme

- Gestion des Milieux Humides, 15h, Pr.Jean-Claude MICHA (FUNDP/Belgique)
- Methodologie de la Recherche Scientifique, 15h, Pr. Ord. NDJELE MIANDA (UNIKIS/RD Congo)
- Anglais, 15h, Pr. BAIGBA (UNIKIS/RD Congo)
- Valorisation de Ressources Végétales, 15h, Pr. Jean LEJOLY (ULB/Belgique)
- Ecologie du Paysage, 15h, Pr. Jan BOGAERT (ULB/Belgique)
- Ornithologie, 15h, Pr. Roland M.LIBOIS (ULg/Belgique)
- Bio-statistique, 15h, Pr. TSHIMPANGA Joseph (UNIKIS/RD Congo)
- Ressources Naturelles, 15h, Pr. DUADU AKAIBE et MATE MWERU (UNIKIS/RD Congo)
- Informatique, 15h, Dr KIMBWANI Gaston, (UNIKIS/RD Congo)
- Mémoire.


Valorisation et conservation de la biodiversité végétale
Rapport de travail sur l’Agroforestérie

Par SABONGO Posper

I. Généralités sur l’agroforesterie
Dans l’agriculture traditionnelle, les arbres n’étaient jamais considérées comme des éléments de l’exploitation agricole et devraient, par conséquent, être éliminés du champ. La foresterie, par contre, avait des forêts, une conception restrictive, celles-ci étaient considérées comme des réserves où on ne devrait pousser exclusivement que des arbres. Partant de l’idée qu’il peut y avoir des interactions bénéfiques entres les espèces ligneuses et les cultures, est née l’agroforesterie. Ce concept a été défini de différentes façons selon les auteurs. La définition la plus couramment admise a été admise par le centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF) et celle énoncée par Lundgren et Raintree (1983) in Baumer (1987). Selon ces auteurs, l’agroforesterie est un terme collectif qui désigne les modes techniques de mise en valeurs des terres dans lesquels les végétaux ligneux pérennes (Arbres, arbustes, palmiers, bambous, etc.) sont délibérément associés dans une même parcelle à des cultures herbacées ou à l’élevage, soit simultanément selon un certain agencement dans l’espace, soit en succession dans le temps.

Depuis le début des années 80, l’agroforesterie a rapidement progressé. A l’heure actuelle, il n’est plus vraiment nécessaire de soutenir sa cause face au scepticisme des milieux scientifiques et du développement rural (Young, 1995). De cette définition, quelques points fondamentaux peuvent se dégager :
- L’agroforesterie associe dans une même parcelle deux ou plusieurs espèces végétales parmi lesquelles une ou moins est pérenne. Cette association peut également être faite entre plantes et animaux ;
- Elle assure la production d’au moins deux entrants agricoles et vise à couvrir la majorité des besoins alimentaires de l’exploitant et de sa famille ;
- Le cycle de production du système dure plus d’une année, du fait de la nature même de ses composantes ;
- L’agroforesterie est un système complexe tant du point de vue structurel, fonctionnel qu’économique, par opposition aux systèmes simples d’utilisation des terres comme les cultures vivrières et les plantations d’arbre

Ainsi donc, différent types de systèmes agroforesteries ont été identifiés et classés d’après leur structure. Selon courbe (1982), on distingue globalement trois types : l’agroforesterie, le sylvopastoralisme et l’agrosylvopastoralisme. L’agrosylviculture est la combinaison des ligneux, des plantes cultuvées, tandis que l’agrosylvopastoralisme combine des ligneux, des plantes cultuvées et une production animale, chacun de ces types peut comprendre plusieurs variantes, comme l’a montré Nair (1993).

Lorsqu’une technique existe depuis un temps et qu’elle est régulièrement pratiquée par des paysans, il est possible de l’appeler une pratique agro forestière traditionnelle (Mary 1986 et Marten 1990). Notre but n’est pas d’énumérer tous les systèmes traditionnels existants mais de développer une étude de cas du système le plus courant dans le milieu paysan de Kisangani, et particulièrement dans le village situé au point kilométrique 11 et 12 de l’arboretum de Kisangani.

Parmi les divers agro systèmes traditionnels pratiqués dans la région de Kisangani, deux sont les plus fréquents : les agro forêts ou jardin de case et l’agriculture itinérante sur brûlis.

Nombre de parcelles élémentaires ;
Les différentes légumineuses arbustives implantées sont : Leucaena leucocephala, Flemingia grahamiana, Tephosia vogelii, Cajamus cajan, Sesbania sesban, Calliandra calothyrsu et Cassia spectabilis. Culture vivrière, le mais, le manioc, l’ananas, …

II. Etude de cas

1. Présentation du milieu
L’arboretum de Kisangani est situé le long de l’ancienne route Kisangani Buta entre les Kilomètre 11 et 12 dans la collectivité de Lubuyabera de la commune Tshopo. Il est géré par le Ministère de l’environnement et de la Conservation de la Nature depuis Juillet 1975. Et ayant une superficie de 60 ha. Enclavé entre 2 villages des kilomètres 11 et 12. Faisant partie de la ville urbaine de Kisangani, les deux villages bénéficient d’un climat chaud et humide durant toute l’année, donc un climat de type Af, d’après la classification de KÖPPEN. Et la moyenne annuelle des précipitations est d’environ 1800mm. Son sol est de type ferralitique rouge jaunâtre, aux éléments fins. Et un sous-sol formé à partir du tertiaire, les roches sont sédimentaires.
A. Situation actuelle des systèmes agraires

Les deux villages sont composés d’une population essentiellement agricole dont les techniques culturales sont de types jachère et culture sur brûlis. Le mode d’ouverture de terrain est l’incinération, caractérisée par l’itinérance due à l’appauvrissement progressive de sols. Cette population pratique l’association des cultures pour rentabiliser le terrain occupé dont les associations suivantes sont dominantes :
Maïs et arachides,
Manioc, arachides et maïs ;
Banane, maïs et arachides
Cucurbita, café ou cacao.

B. Types agro forestiers à proposer
Pour assurer une pérennisation de l’agriculture dans les deux villages de l’arboretum de Kisangani, les types suivants sont recommandés :

a) Systèmes à dominante ligneuse pérenne : Arbres dans l’espace assigné aux plantations.
Dans ce cas, nous avons le ligneux multi usage auquel on associe des espèces annuelles cultivées : Pertisianthus macrocarpus (Lecythidaceae) associée aux Maniocs et Arachides.

i. Systèmes intermédiaires : les jardins de case
Bien que ce système soit d’application dans les contrées étudiées, nous encourageons sa pratique car il permet aux cultivateurs d’être tout prêt de son champ et de sédentariser sa culture.
Ex. : Bananiers, Maniocs, Igname, Soja.

c) Systèmes à dominante herbacée : Arbres juxtaposés à l’espace cultural.
Dans ce cas, plusieurs arbres à usages multiples sont plantées tout autours de champ et jouant à la fois plusieurs rôles. Et permettant à la culture de se protéger contre le vent. (Brise vent) et haie vive.
Ex. : Syzigium cuminii, Spondias cytherea, Pethersianthus macrcarpus, Persea americana, Spondias mombin, Treculia africana, Eucalyptus, Ricinodendro heudelotii, Hevea brasiliensis.

C. Espèces à introduire pour répondre aux besoins multiples
Espèces Légumes Brise-vent Engrais verts Chenilles Miel Bois d’œuvres outil fruits
Treculia africana +
Elaeis guineensis + +
Mangifera indica +
Ricinodendron heudelotii +
Bambusa vulgaris + + +
Eucalyptus sp + +
Albizia lebbeck + +
Persea americana +
Leucaena leucocephala +
Tectona grandis +
Spondias cytherea +
Petersianthus macrocarpus + +
Azadirachta indica + +

D. Avantages du système agroforestier proposé
a) Maintien de la fertilité des sols.
La fertilité des sols est maintenue grâce aux espèces fixatrices d’azote utilisées dans le système. Et la décomposition rapide de leurs feuilles permet au sol de se reconstituer et de récupérer les éléments libérés par celles-ci. Ex Leucaena leucocephala, Albizia lebbeck, etc.

b) contrôle des adventices
Les adventices sont combattus par les huiles stérilisantes au sol des Eucalyptus une fois que le processus de décomposition du sol est amorcé et cette acidité du sol empêche les mauvaises herbes à prendre place en rendant ce sol acide. Et encore par apport abondant de litière de bambou et ombrage de la couverture arborée, provoquant ainsi une sélection des adventices.

c) Contrôle de l’érosion
La protection du sol est assurée par les racines fasciculées de quelques bambou et de protection su sols par le maintien d’un couvert arboré empêchant ainsi l’érosion du sol et en fixant les sols contre toute forme d’attaque érosive.

d) Restauration de la biodiversité
L’utilisation des espèces différentes permet à l’agro forêt de produire pendant longtemps une diversité des produits grâce au fait de l’application dans la contrée et une présence permanente des produits.


e) Lutte contre le nomadisme agricole.
Avec la fertilité prolongée des sols culturaux dû aux espèces jouant le rôle d’engrais vert, le cultivateur continue ses activités agricoles pendant longtemps sans se déplacer et cela contribue à la préservation des écosystèmes forestiers.
INTRODUCTION A L’AGROFORESTERIE DANS LA PROVINCE ORIENTALE : Cas de village YAMOTONGA (BASOKO) en République Démocratique du Congo.

Par MONGINDO jean papy

1. Introduction
Dans les systèmes agraires de l’Afrique centrale, les arbres ont une importance capitale pour les populations. Ils leur procurent divers bénéfices : aliments, médicaments traditionnels, fourrage, bois de feu, bois d’œuvre et de service, etc.… Au-delà de ce rôle pour le bien-être de la population, les arbres sont reconnus pour leur rôle fondamental dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes.
Les arbres améliorent la fertilité des sols et augmentent la production en céréales.

Pour un agriculteur, parmi les causes qui lui permettent de se déplacer d’un milieu à un autre où d’utiliser les produits chimiques comme engrais, c’est bien le fait que la terre perd ses potentialités (fertilités), ce qui entraîne la baisse de la production.

Pour résoudre ce problème, il faut faire l’agriculture responsable reposant sur les basses écologiques viables et stables, c’est l’agroforesterie.

2. Définition de l’agroforesterie
La définition pratique de l’agroforesterie est qu’elle est une nouvelle science interdisciplinaire qui étudie la très ancienne pratique consistant à combiner, dans l’espace et dans le temps, des végétaux ligneux avec des cultures herbacées et/ ou avec l’élevage sur la même parcelle de terre.

3. Justifications intérêts
En paraphrasant Lejoly (2006), l’agroforesterie est une source potentielle de solutions à de nombreux problèmes, étroitement liée de production et conservation dans les systèmes d’utilisation du sol des régions tropicales du monde entier, car adaptable à des situations très précises.

Les intérêts de l’agroforesterie sont multiples :
 recherches de systèmes écologiquement stables, économiquement viables et compatibles avec les pratiques sociales et culturelles des populations ;
 meilleure utilisation des surfaces disponibles : mise en valeur des terres marginales délaissées et création de zones mixtes de protection entre les zones agricoles et forestières ;
 meilleure utilisation des ressources disponibles (eau, énergie lumineuse, éléments minéraux, matière organique, variétés végétales, niches écologiques etc.). Le potentiel ligneux procure nourriture, fourrage, bois, protège les sols contre l’érosion et maintient voire améliore leur fertilité (Lejoly, 2006).

La finalité de l’agroforesterie est que la plante prioritaire produise au moins autant qu’en monoculture, et même mieux lorsque cela est rendu possible grâce aux effets des plantes associées (ombrage, fixation d’azote, etc.)

4. Situation administrative et géographique de Yamotonga
Yamotonga est une localité située sur la rive droite du fleuve Congo entre le croisement du fleuve Congo et de la rivière Arwimi dans la collectivité de Bomenge, territoire de Basoko, district de la Tshopo, province Orientale.
La situation géographique de Yamotonga est semblable a celle de Kisangani, c’est-à-dire entre 0°31’ de latitude Nord et 25°11’de longitude Est (Bultot, 1985).
Cette région est comprise dans une zone biogéographique de forêt dense ombrophile sempervirente équatoriale, on devait s’attendre à y voir une végétation caractéristique de cette dernière. La position près de l’équateur lui confère un climat équatorial du type continental appartenant, selon la classification de KÖPPEN, au groupe Af des climats tropicaux.

5. Système agroforestier proposé à Yamotonga
 Association Leucaena leucocephala, Zea mays et Arachis hypogea.
Le village Yamotonga est un village où la population a comme principal activité la pêche, mais en dehors de la pêche il y a aussi l’agriculture : Manioc, canne à sucre, bananier, maïs, arachide,…
Nous nous sommes intéressés à la culture de maïs et d’arachide, qui est une activité secondaire mais important car il permet à procurer à l’homme ce que le fleuve n’est peut pas donner.

Comment fonctionne le système ?
Sur un terrain destiné pour le champ, l’agriculteur procédera à préparer le terrain. On commencera d’abord par planté le L. leucocephala, puis les plantes prioritaires (Zea mays et Arachis hypogea pour notre cas).
On procédera à planter les L leucocephala en ligne droite suivant la direction de la levée du soleil (Est) vers le couché du soleil (Ouest). Les lignes de ces L leucocephala seront distantes de 8m d’intervalle, on laissera que ces plantes atteignent 1 à1.5 m de hauteur pour tailler les branches.
Ces branches coupées seront ensuite étalées dans les intervalles destinés pour la culture, ces plantes rendront la terre fertile.
La plantation à la direction Est-ouest permet au soleil de balayer le champ entier au cours de la journée ainsi ça favorise la croissance des plantes.

Sur les intervalles de L. leucocephala, cette partie est destinée au Zea mays qui sera distant de 0.5 m et les A. hypogea. Les deux plantes auront à bénéficier de l’enrichissement du sol dû à la présence de L. leucocephala. A la récolte, l’agriculteur aura à bénéficier du maïs et de l’arachide avec une bonne production, qui sera proportionnelle à l’étendus cultivé. Après la récolte de maïs et de l’arachide, l’agriculteur pourra ensuite mettre une autre culture pour attendre la nouvelle saison de maïs et de l’arachide. Dans le champ, l’agriculteur prendra aussi soin de planté des arbres fruitiers (les arbres fruitiers joue aussi un rôle pour la sédentarisation de l’agriculteur).

 Pourquoi l’agroforesterie ?
C’est la plus grande question que les paysans se posent. Signalons que ce système n’est pas le seul, mais c’est le moyen pour l’agriculteur de produire plus. D’abord l’agroforesterie va permettre à l’agriculture à être sédentaire dans son champ et cela a évité les abattages inutiles des arbres qui entraînent la déforestation.
Dans les villages et villes de l’Afrique centrale et partout ailleurs, l’agroforesterie est un remède pour la conservation de forêt, qui entraîne a son tour la régulation du débit et une bonne gestion des cours d’eau (ruisseau, rivière, fleuve, zones humides,…), surtout dans la cuvette centrale congolaise où on retrouve plusieurs cours d’eau.

6. Conclusion
Si nous voulons valorisé et conservé la biodiversité de nos forêts, l’agroforesterie est une méthode appropriée pour réussir cette gestion durable de forêt tropicale, qui est riche en potentialité.

Références
- Bultot, F., 1954 : Carte des régions climatiques du Congo Belge établie d’après les critères de Köppen. INEAC Communic Bureau climatique, n°2, 15p
- Lejoly, J., 2006 : Valorisation et conservation de la biodiversité végétale : Bases écologiques pour la gestion durable des forêts tropicales. Cours (3e partie) DEA/UNIKIS 2006.
PROJET D’INTRODUCTION DU SYSTEME AGROFORESTIER: cas du Village YOKO(KISANGANI, RD Congo)

Par KUMBA Sylvain

I. PREAMBULE
Le programme agroforestier apparaît aujourd’hui comme l’une des solutions aux problèmes de production agricole et conservation des forêts. L’importance de l’agroforesterie dans le monde n’est plus à démontrer car de nombreuses organisations internationales en mentionnent dans leurs programmes et soutiennent des projets agroforestiers. (De Staercke, 1988 ; Nair, 1989)

Considéré comme méthode de restauration de la biodiversité, l’Agroforesterie est un terme collectif incluant les systèmes d’utilisation des terres et la pratique à l’intérieur desquels les essences ligneuses vivaces sont délibérément intégrées aux cultures ou à la production animale sur une même unité de gestion de la terre, et à l’intérieur duquel doit exister des interactions écologiques et économiques entre les composantes ligneuses et non ligneuses. (Baumer, 1987)

Ainsi, elle a pour but optimisation des interactions positives et minimisation des interactions négatives entre ces composantes de manière à assurer une production de la terre plus durable et diversifiée ( développement durable, viable et soutenable) qui serait possible avec une approche conventionnelle dans les conditions agro-écologiques et socio-économiques données.

Les interactions entre les cultures et les animaux ne suffisent pas pour définir un système agroforestier, la présence des ligneux est indispensable pour qu’on parle d’agroforesterie. Au terme plus vulgaire ou simple, l’Agroforesterie est dans beaucoup de cas, l’art de mettre les arbres dans les champs.

L’introduction du système agroforestier de gestion durable à Kisangani et dans les différents terroirs environnants serait donc palliative à de nombreux problèmes à fonction écologique, économique et sociale liés à l’exploitation agricole dont le rendement demeure faible.

II. CHOIX ET CADRE GEOGRAPHIQUE DU TERROIR

Le terroir choisi est le village de Yoko situé à 35 Km de la ville de Kisangani, rive gauche du fleuve Congo, sur la route Kisangani – Ubundu, dans le district de la Tshopo, Territoire d’Ubundu, dans la collectivité de Bakumu- Mangongo.

Ce village bénéficie globalement du climat régional de la ville de Kisangani du type Af de la classification de Koppen, avec une moyenne de température oscillant entre 22,4 °C à 26 °C.

Se trouvant dans la zone tropicale de basse altitude, la végétation environnant ce village est celle de forêt tropicale dense humide comprenant des ligneux à multiusages et essences à valeur économique importante. Les sols sont ferralitiques et acides, d’où le problème d’ ’infertilité caractérisant ces sols.

La population rurale qui exploite la forêt pour leur survie, s’occupe de l’agriculture, la cueillette et de la chasse. L’activité pastorale est presque inexistante. Une Compagnie Forestière et de Transformation (C.F.T) y exploite les bois. Le maïs, le manioc, les bananiers dominent les cultures vivrières de ce village.


III. SITUATION ACTUELLE DES SYSTEMES AGRAIRES

La pratique agricole la plus ancienne caractérisant ce terroir demeure jusqu’à présent l’agriculture itinérante sur brûlis, qui est un système de gestion instable dans le temps d’utilisation des terres.

Cette pratique consiste à défricher une certaine étendue de la forêt, brûler la végétation, semer les cultures dans les cendres, récolter puis lorsque le sol n’est plus fertile, l’abandonner à la jachère pour recommencer plus loin en coupant une autre étendue forestière.(Mate, 2001)

L’agriculteur itinérant n’est pas stable, déplace les champs tous les ans, brûle au hasard la forêt. Les terres cultivées sont abandonnées dans un temps court après les premières récoltes pour raison d’infertilité des sols. Elles sont intensivement cultivées sans aucun apport extérieur et sont rarement mises en jachère.

Ceci traduit une mauvaise gestion ou utilisation des terres car les champs sont abandonnés ci et là, les cultures ne sont pas permanentes au même endroit, situation entraînant la dévastation de la forêt qui devient en lambeau et, s’ensuivent des conséquences écologiques énormes.

L’infertilité des sols reste le majeur problème qui se pose pour la gestion des terres dans la région de Kisangani et ses environs, les sols étant très acides.

Ainsi, la solution la plus efficace serait agroforestière. Et une sensibilisation à la masse paysanne de reconnaître ou accepter l’arbre (ligneux forestiers à usages multiples) dans les champs serait salutaire pour le maintien de la fertilité des sols, une production et exploitation agricole durable, un rendement meilleur et conservation des forêts.

IV. TYPES D’AGROFORESTERIE PROPOSES POUR ASSURER LA PERENNISATION DE L’AGRICULTURE

Tenant compte de l’environnement du terroir choisi, des conditions socio-économiques, de la demande sur le marché local et surtout des habitudes alimentaires de la population rurale, nous proposons au remplacement de l’agriculture sur brûlis, les types d’agroforesterie suivants :

A. Le système agrosylvicole stable dans le temps; Système intermédiaire : Jardins de case

C’est le système d’utilisation des terres situées autour d’une habitation qui intègre en une même parcelle des cultures annuelles (plantes herbacées) et pérennes (des ligneux).

D’après Michon (1985), c’est une petite forêt des plantes utiles soigneusement aménagée et qui se trouve à proximité de maisons. L’accent est mis sur les espèces domestiques à usages multiples, ligneuses et herbacées.

Pour notre village, nous disons que c’est le système d’agroforesterie villageoise intermédiaire entre la dominance ligneuse et herbacée.

1. Les espèces ligneuses à introduire ou à conserver dans le terroir et répondant aux besoins multiples

- Albinzia chineensis : espèce potentielle aidant aussi à neutraliser l’acidité du sol, bois d’œuvre
- Elæis guineensis : production huile rouge et huile palmiste, construction des cases (pétioles de feuilles), bois de chauffe, vin de palme (sève), légume (choux palmiste)
- Arbres fruitiers : Treculia africana, Dacryodes edulis (safoutier), Mangifera indica, persea americana, Cocus nucifera, Theobroma cacao, Psidium guajavae, spondias cythera, Myrianthus arboreus, citrus lemon, Careca papaya
- Engrais vert : Leucena leucocephala
- Ombrage : Flemingia grahamiana, Calliandra calothyrsus
- Médicaments : Rawvolfia vomitoria, Morinda morondoïdes, Aezdarachtia indica, Vernonia amygdala
- Arbres à chenilles : Petersianthus macrocarpus, Uapaca guineensis, brindelia ndelense
- Production du miel : Prosopis juliflora, Eucalyptus cannalindulensis, Albizia lebbeck, Gmelina arborea (Verbenaceae)

2. Les avantages du système

- Stabilité du système dans le temps
- Ce système présente une structure pluristratifiée jouant un rôle important dans la protection des sols contre l’érosion
- Richesse spécifique adéquate, permet une conservation importante de la biodiversité et protection de l’environnement
- Stabilise le taux de couverture des besoins alimentaires de la population rurale
- Coût de gestion insignifiant et flexibilité socio-économique jouant en faveur de sa pérennité
- Productions multiples étalées sur toute l’année
- Diversification des niches écologiques et des strates exploitées ; constitution de micro-environnement favorable à la germination et à la croissance de certaines espèces
- Système agroforestier économiquement viable, écologiquement soutenable et respectueux de l’environnement


B. Système agrosylvicole stable dans le temps : Système de cultures en allées "Alley cropping" (Cas de jachère améliorante à Leucena leucocephala comme substitut à la culture itinérante sur brûlis)

Le choix pour ce système se justifie par le fait qu’il peut jouer un rôle important dans le maintien de la fertilité du sol tout en s’intégrant facilement aux agrosystèmes traditionnels.

Ce système de culture en allées est une technique agroforestière à deux composantes reparties dans le temps et dans l’espace ; d’une part les ligneux (légumineuses) fixateurs d’azote et d’autre part les cultures saisonnières.

Pour notre terroir les cultures vivrières dans les allées seraient composées de : Zea mays (maïs), Manihot esculenta (manioc), voire aussi Musa spp (bananiers), etc.……

1. Les espèces ligneuses à introduire :

Les haies de légumineuses seront principalement constituées de :
- Leucena leucocephala (Mimosaceae) ; Engrais vert, fixateur d’azote, ombrage plus qualité du sol dans les plantations (fertilité des sols), production aliments, bois à brûler, charbon à bois

- Flemingia grahamiana (Fabaceae) ; conservation et protection du sol contre l’érosion, mulch dans le contrôle des mauvais herbes (adventices), ombrage, bois de feu

- Acacia angustissima (Mimosaceae) ; bois de chauffe, ombrage,

- Calliandra calothyrsus (Mimosaceae) ; Apiculture, bois de feu, ombrage,

2. Les avantages du système de cultures en allées

Ce système de culture permet la satisfaction des besoins multiples exprimés par le paysan tel que le maintien de la production, la lutte contre les adventices, la production du bois de feu, etc. ….( Lejoly et al, 1989)

- Les emondes, la litière et les racines fines du sol constituent une source importante de la matière organique qui est un support indispensable de la fertilité des sols.

- La période de jachère est écourtée (environ une année seulement après plusieurs cycles de cultures) et durant cette période, les haies ombragent complètement les espaces intercalaires, ce qui entraîne l’élimination des adventices de culture parfois difficile à contrôler pendant la campagne culturale.

- Couverture du sol par les emondes crée des conditions favorables au développement de la pédofaune, à l’abaissement de la température et à l’amélioration des conditions du sol

- Périodes de cultures plus longues et utilisation des terres plus intenses

Bien que pour certains paysans, la technique de culture en allées soit exigeante en travail car elle nécessite parfois l’utilisation d’une main d’œuvre importante pour l’implantation et l’émondage régulier des haies, mais cela est compensé par les avantages possibles qu’on tire du système notamment : l’amélioration de la fertilité du sol, l’élimination des mauvaises herbes pendant la jachère, la production des bois de chauffe, des perches pour la construction des maisons etc.…..

Références bibliographiques

Baumer, M, 1987 : Agroforesterie et désertification. CTA : 260 P
De Staercke, P, 1994 : L’Alley cropping, une solution pour les agriculteurs des tropiques Humides. Echos du cota (Bruxelles) 41 : 3-9.
Kisangani.E., 1994 : Données pour la vulgarisation des jachères améliorantes et des cultures en allées dans le Nord-Est du Zaïre. Coll. Rech / Dév. Tenu à L’ULB, le 23-24 mai 1990. Annales de la Faculté des Sciences, UNIKIS, n° spec : 153_164
Lejoly, J., Kamabu V., Bola M., Mosango M et Bebua B, 1989 : Jachères améliorantes et fertilité des sols dans les sous –régions de Kisangani et de la Tshopo (Haut-Zaïre), Rapport de 1ère année. Projet CEE-ULB-UNIKIS, sous projet de la Faculté des Sciences : 88P
Mate, M, J.P, 2001: Croissance, phytomasse et minéralomasse des haies des légumineuses améliorantes en culture en allées à Kisangani, Thèse de doctorat en Sciences, ULB, 235P
Michon, G., De foresta H. et Levang P., 1995 : Stratégies agroforestières paysannes et développement durable : Les agroforêts à Dammar de suratia. Nature-Sciences-Sociétés 3 (3) : 207- 221.

Nair PKR, 1993: An introduction to agroforestery. Kluwer academic Publishers in cooperation with ICRAF: 499P.





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